"Gilets jaunes" : huit condamnations après des violences au péage de La Ciotat

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Des barricades avaient été dressées puis enflammées et la gare de péage saccagée. (Photo d'illustration)
Des barricades avaient été dressées puis enflammées et la gare de péage saccagée. (Photo d'illustration) © GERARD JULIEN / AFP
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Sept hommes et une femme âgés de 18 à 29 ans ont été condamnés jeudi par la justice pour des violences commises au péage autoroutier de La Ciotat, le 24 novembre dernier.

Huit manifestants ayant pris part, le 24 novembre, à l' "acte 2" du mouvement des "gilets jaunes" au péage autoroutier de La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, ont été condamnés jeudi à des peines allant de quatre mois à un an de prison ferme.

Des "jeunes sans histoires". Ils sont intérimaires, cuisinier, serveur, chômeur, âgés de 18 à 29 ans, des "jeunes sans histoires" selon leurs avocats et vivant la plupart chez leurs parents. Devant le tribunal, ils ont expliqué "être montés au péage" parce que "les réseaux sociaux disaient que ça chauffait" ou "pour retrouver la bonne ambiance de la veille avec grillades et bières". Selon les policiers des brigades anticriminalité de Marseille qui les ont interpellés, ils ont pris part aux affrontements qui, cette nuit-là, avaient opposé les forces de police à une centaine de manifestants.

"Un véritable chaos", selon les policiers. Des barricades avaient été dressées puis enflammées et la gare de péage saccagée. Pris sous des jets de projectiles, les policiers ont évoqué "un climat insurrectionnel, un véritable chaos". 

Vinci débouté. Les huit prévenus, sept hommes et une femme qui niaient avoir commis la moindre infraction, ont été condamnés pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique et participation à une manifestation armée mais ils ont été relaxés pour les faits de dégradations de la gare de péage. Le tribunal a, du coup, débouté Escota Vinci Autoroutes qui s'était constituée partie civile. "Il ne s'agissait pas de simples dégradations mais d'une destruction organisée", a précisé l'avocat de la société autoroutière qui n'a pas encore chiffré son préjudice.

Jusqu'à un an de prison. Trois des prévenus ont été condamnés à huit mois de prison dont quatre avec sursis, quatre autres se sont vus infliger dix mois de prison dont cinq avec sursis ayant été, en plus, reconnus coupables de rébellion et d'outrages. La peine la plus lourde, un an de prison avec maintien en détention, a été prononcée contre un individu plus âgé, un intérimaire déjà condamné à treize reprises. "Une peine avec une partie de prison ferme est indispensable, s'était justifié le procureur Nicolas Ruby, car il faut sanctionner des faits d'une gravité extrême".