Fini la CMU : Buzyn lance la "complémentaire santé solidaire"

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La réforme de la CMU vise notamment à faire baisser le fort taux de non-recours à cette aide.
La réforme de la CMU vise notamment à faire baisser le fort taux de non-recours à cette aide. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Rebaptisée la "complémentaire santé solidaire", la CMU englobera désormais l'aide au paiement de la complémentaire santé, une aide mise en place en 2005 pour certaines catégories de population vivant sous le seuil de pauvreté.

Toujours gratuite pour les plus pauvres, un euro par jour maximum pour les plus vieux : la ministre de la Santé présente mardi la "complémentaire santé solidaire", qui remplacera à partir du premier novembre deux aides publiques sous-utilisées (CMU-C et ACS).

Vingt ans après sa naissance, la couverture maladie universelle complémentaire change de nom et de dimension. La CMU-C, créée en 1999 pour les plus démunis, va en effet avaler l'aide au paiement de la complémentaire santé (ACS), sorte de "chèque santé" mis en place en 2005 pour ceux, moins défavorisés, qui vivent tout de même sous le seuil de pauvreté. Deux dispositifs qui ont bénéficié à près de 7,3 millions de personnes en 2018 (5,63 pour la CMU-C, 1,27 pour l'ACS selon le Fonds CMU), mais sont loin d'avoir atteint tous leurs publics : le non-recours est estimé entre 34% et 45% pour la CMU-C et entre 41% et 59% pour l'ACS, d'après la Drees.

Réduire le renoncement aux soins

Leur fusion, actée dans le budget de la Sécu voté fin 2018, "vise à réduire le renoncement aux soins (...) des populations précaires", expliquait alors le gouvernement dans son étude d'impact. En pratique, rien ne changera pour les assurés de l'actuelle CMU-C : la future "complémentaire santé solidaire" restera gratuite, avec le même niveau de remboursement, pour un célibataire gagnant moins de 746 euros par mois, ou un couple avec enfant en dessous de 1.343 euros.

En revanche, pour la population éligible à l'ACS (moins de 1.007 euros pour un célibataire, 1.813 euros pour un couple avec enfant), cette mesure est présentée comme une "simplification": les garanties seront alignées sur celles de la CMU-C, moyennant une "participation financière" croissante avec l'âge. Il en coûtera ainsi aux bénéficiaires 8 euros par mois jusqu'à 29 ans, 14 euros entre 30 et 49 ans, 21 euros entre 50 et 59 ans, 25 euros entre 60 et 69 ans, et 30 euros à partir de 70 ans (sauf en Alsace-Moselle, où les sommes seront divisées par trois), d'après un arrêté paru en juin au Journal officiel.