Approuvée par le Parlement ce mercredi, la loi sur la fin de vie crée un droit à l'aide à mourir et légalise sous condition l'euthanasie. Pour Dominique Reynié, "on réintroduit dans la société française, par la puissance publique, la possibilité d'administrer la mort".
La loi sur la fin de vie a été adoptée par le Parlement ce mercredi 15 juillet. Approuvée par 291 voix contre 241, avec 29 abstentions, cette loi crée un droit à l'aide à mourir et légalise sous condition l'euthanasie.
Dominique Reynié, professeur des universités à Sciences Po et directeur général de la Fondapol (Fondation pour l'innovation politique), s'est exprimé sur le sujet au micro d'Europe 1.
"On réintroduit dans la société française, par la puissance publique, la possibilité d'administrer la mort. C'est quand même quelque chose qui aurait dû nous arrêter beaucoup plus", affirme-t-il.
des pressions "familiales" et "d'ordre économique"
"C'est un changement de régime politique, c'est un changement de régime social. Il est évident que les personnes les plus fragiles, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap, les personnes dépressives, les malades qui sont découragés, ceux qui ont moins de moyens, vont subir à partir de maintenant une pression pour passer par cette étape qui précipite votre mort", poursuit Dominique Reynié.
Ainsi, ces personnes-là subiraient des pressions "familiales" et "d'ordre économique". "C'est une pression qui peut même être le fait de certains médecins, parce qu'il faut libérer des lits, parce qu'on ne fait plus face, parce que vous êtes âgés. Sans qu'on le dise comme cela, 'il y a d'autres urgences et il faut en finir'", déplore Dominique Reynié.