Après une semaine de débats tendus, le Sénat a rejeté une proposition de loi soutenue par l’exécutif visant à ouvrir une aide à mourir. Un refus qui relance le débat à l’Assemblée nationale et remet en lumière une question centrale : peut-on réellement soulager toutes les douleurs en fin de vie ? Des spécialistes en soins palliatifs interrogés par Europe 1 se veulent formels.
C’est un nouveau coup d’arrêt dans le débat sur la fin de vie. Mercredi soir, le Sénat a confirmé son refus d’envisager toute forme d’aide à mourir, en rejetant une proposition de loi pourtant soutenue par le gouvernement. Après des discussions qualifiées de chaotiques, la Haute assemblée campe sur ses positions, renvoyant le sujet à l’Assemblée nationale.
Un retour à la case départ, ou presque. En février prochain, les députés examineront leur propre texte, adopté il y a près d’un an, qui autorise le suicide assisté. En attendant, la question du soulagement de la souffrance en fin de vie reste au centre des préoccupations.
"On peut soulager toutes les douleurs"
Au micro d'Europe 1, les spécialistes en soins palliatifs se montrent catégoriques. À la question de savoir s’il est possible d’apaiser les douleurs d’une personne en fin de vie, Ségolène Perruchio, présidente de la Société française de soins palliatifs, répond sans hésitation. "Oui, on peut soulager toutes les douleurs d’une personne en train de vivre et on doit le faire. Les gens peuvent être soulagés profondément", affirme-t-elle.
Pour y parvenir, plusieurs traitements complémentaires existent. Médicaments morphiniques, anti-inflammatoires, voire interventions chirurgicales ciblées : l’arsenal thérapeutique permet aujourd’hui de limiter les souffrances et d’améliorer le confort des derniers jours.
L'importance des échanges entre patients et médecins
Lorsque les traitements classiques ne suffisent plus, l’échange entre le médecin et le patient devient essentiel. "Je pose toujours la question aux patients. Si j’augmente un peu le traitement, vous risquez d’être plus somnolent. Est-ce que vous préférez être somnolent ou rester comme ça ?", explique la spécialiste.
Selon Ségolène Perruchio, cet ajustement constant des doses permet, dans la grande majorité des cas, d’éviter la douleur. Et en ultime recours, avec l’accord du patient, la sédation profonde peut être mise en place. Elle plonge alors la personne dans un sommeil profond afin de faire disparaître les toutes dernières souffrances.
Un éclairage médical qui nourrit le débat politique, à l’heure où la France s’interroge encore sur la manière d’accompagner ses citoyens jusqu’à la fin de leur vie.