Gilets jaunes : faible mobilisation, ronds-points délaissés… le mouvement s'essouffle

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La semaine dernière, quelques centaines de manifestants ont défilé à Amiens.
La semaine dernière, quelques centaines de manifestants ont défilé à Amiens. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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Depuis plusieurs semaines, le mouvement ne cesse de décroître. Le bilan de la mobilisation devrait encore être faible ce samedi.

Semaine après semaine, les gilets jaunes s’effacent progressivement des écrans. Après des mois de mobilisation, le mouvement s’est considérablement essoufflé. La semaine dernière, ils n’étaient que 12.500 personnes à défiler dans les rues de France, soit 22 fois moins qu’au plus haut du mouvement. Pour "l’acte 29", ce samedi, le bilan de la mobilisation devrait encore une fois être faible, alors que peu d’appels à manifester ont été lancés.  

La police et le "grand débat" ont démobilisé les rangs

Après sept mois de mobilisation, certains "gilets jaunes" expliquent cette baisse de mobilisation par l'action de la police. "Les gens ont peur de la répression de la police", avance Jérôme Rodrigues, une des figures du mouvement, pour expliquer ces chiffres. Pour Raphaël Challier, sociologue, la "répression très forte qui a contribué à séparer une sorte d'’avant garde manifestante’ du reste des gilets jaunes qui n'osaient plus aller en manif" a pesé sur l'essoufflement.

Selon le chercheur, le "grand débat" a également contribué à vider les rangs. "Les classes moyennes ont pu trouver dans le grand débat organisé par Emmanuel Macron une offre de participation plus conforme à leur rapport au politique que se mobiliser sur un rond-point des nuits entières".

Quelques ronds-points "jaunes" en France

Malgré cet essoufflement, il reste encore quelques "irréductibles", massés sur des ronds-points "jaunes" à travers la France. Dans le Nord, une "petite dizaine" sont occupés, selon Alexandre Chantry, figure des "gilets jaunes" lillois. Dans l'Ouest, les ronds-points du Croisic, de Pornic, sont toujours occupés, et une cabane a été reconstruite près du rond-point de l'aéroport de Nantes-Atlantique.

En Bourgogne, dans le Rhône ou en Isère, à l'inverse il n'y a plus de ronds-points occupés en permanence, selon les forces de l'ordre, mais certains "gilets jaunes" continuent de se réunir sur des terrains, privés ou prêtés par la mairie, comme à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire), à Givors et à Genay (Rhône) ou à Meximieux (Ain).

Peu d’appels à manifester

Malgré la résistance de ces fidèles, les "gilets jaunes" peinent à rassembler samedi après samedi. Depuis quelques semaines, la mobilisation atteint à chaque fois un plus bas historique. Cette tendance, à la baisse, devrait se confirmer samedi pour "l’acte 29". Peu d’appels à manifester ont ainsi été lancés à travers la France. Des défilés étaient annoncés en région à Dunkerque, Rouen, Lille, Toulouse ou Strasbourg, mais seulement quelques centaines de personnes se sont déclarées "participantes" à ces événements sur Facebook.

À Paris, une manifestation est partie à la mi-journée de la place Denfert-Rochereau, jusqu’à la place de la Nation. Près de 2.000 "gilets jaunes" étaient présents dans la capitale, dans une ambiance festive, selon l'AFP. Les secteurs des Champs-Elysées, de l’Assemblée nationale et de Notre-Dame ont une nouvelle fois été interdits aux manifestants par la préfecture de police