Évaluations de CP : à quoi servent les nouveaux tests ?

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Critiquées par les syndicats d’enseignants, les évaluations nationales des élèves de CP font leur retour pour une deuxième session. Quelques ajustements ont été faits par rapport aux tests de septembre.

Les élèves de CP sont de nouveau étudiés à la loupe. Depuis lundi, quelque 800.000 enfants sont testés sur leurs compétences en français et en mathématiques, deuxième volet des évaluations nationales lancées par le ministère de l’Éducation à la rentrée. Elles avaient déjà été très critiquées à la rentrée, notamment en raison de la difficulté des exercices : des tests minutés, exigeants, conçus par des chercheurs en neurosciences. Malgré l’appel de six syndicats de professeurs pour abandonner ces évaluations, elles auront bien lieu, avec quelques ajustements.

Batterie d’exercices. Les évaluations menées cette semaine sont plus approfondies que celles de la première session de septembre. En français, les évaluations consistent à reconnaître des sons, comprendre des phrases à l’oral, écrire des syllabes et des mots (contre seulement les lettres en septembre) et lire à voix haute. En mathématiques, il s’agit de connaître les nombres jusqu’à 39 (contre 10 en septembre), de calculer en ligne et de résoudre des problèmes. L’évaluation prend la forme de cahiers d’exercices, à remplir en deux séances de dix minutes pour chaque matière.

Un format similaire à celui des premiers tests, critiqués par les syndicats d’enseignants qui pointent des "dysfonctionnements". "Les évaluations ont été précisément adaptées aux élèves, d’abord en veillant à éviter tout stress inutile", avec des consignes plus simples et des objectifs plus clairs, leur a répondu Jean-Michel Blanquer dans une lettre. Elles "suivent l’évolution normalement attendue des compétences des élèves" et leur "contenu a été adapté pour tenir compte des remarques des professeurs", assure le ministre de l’Éducation. Concrètement, "certains exercices jugés trop longs ont été raccourcis".

Suivre l’évolution des compétences des élèves. Pour Élisabeth, maîtresse de CP en région parisienne, ces exercices sont probablement plus compliqués qu'un simple contrôle, mais ils n'ont pas la même finalité. "Par exemple, en partant du mot 'cheval', on leur demande de repérer dans une liste audio les mots commençant par 'che' ou terminant par 'al'. Ce n’est pas simple, même parfois pour nous adultes, mais pour pouvoir bien lire il faut être capable de discerner les sons que l’on entend", explique-t-elle à Europe 1.

Pour Élisabeth, cet outil à disposition des professeurs doit être utilisé correctement. "Personnellement, je trouve ça intéressant. Entre la première et la deuxième série, on voit clairement ce que le ministère veut mesurer", souligne-t-elle. "On retrouve des exercices similaires en début de CP, en milieu de CP et en début de CE1. Il y a des subtilités ajoutées, par exemple dans la différenciation des lettres. On passe d’une distinction entre 's' et 'u' à 'b' et 'd'." Les résultats de la première session, partiellement publiés en octobre, devraient être détaillés en février.

Renforcer le lien avec les familles. Ces évaluations, qui ne sont pas notées et ne figurent pas dans le livret scolaire des élèves de CP, "donnent une photo de ma classe sur une batterie d’exercices donnés", estime Élisabeth. Photo qui lui permet de savoir "ce qu'il faut rééquilibrer en classe dans les mois qui viennent pour que tous les élèves arrivent à savoir lire et compter". En effet, après une correction automatique en ligne, les professeurs reçoivent un bilan individuel pour chaque élève, également transmis par la suite aux parents. Pour Jean-Michel Blanquer, les évaluations constituent en ce sens "le moyen d'un dialogue renforcé avec les familles".