Évacuation en cours d'un campement de migrants en plein centre de Nantes dans le calme

L'opération a débuté dans le calme aux alentours de 8h30 lundi matin. Image d'illustration.
L'opération a débuté dans le calme aux alentours de 8h30 lundi matin. Image d'illustration. © PHILIPPE HUGUEN / AFP
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avec AFP , modifié à
A Nantes lundi matin, le camp de migrants situé en plein centre-ville a été évacué, a annoncé la préfecture. 

Un campement de plusieurs centaines de migrants, installé depuis plus d'un mois dans un square du centre-ville de Nantes, était en cours d'évacuation lundi matin par les forces de l'ordre.

L'opération a débuté dans le calme aux alentours de 8h30 lundi sur ce campement du square Daviais, où jusqu'à 400 personnes étaient recensées la semaine dernière. "L'objectif de cette expulsion est de mettre fin à une situation présentant des risques élevés pour la santé et la salubrité publiques", souligne dans un communiqué la préfecture de Loire-Atlantique, qui avait demandé en urgence l'évacuation de ce campement. "Un point d’eau et une toilette pour 400 personnes, c’est quand même très peu", commente un buraliste installé à côté du camp. "Je suis un peu partagé parce que la cohabitation s’est bien passée. On a entendu des rumeurs que des commerçants ont été agressés, volés mais non, pas du tout. Ce sont juste des humains qu’il faut aider", ajoute-t-il.

Des bulletins en plusieurs langues. Un important dispositif policier avait été mis en place vers 8h15 tout autour du square, situé en plein cœur de Nantes. Des bulletins en français, anglais et arabe ont été distribués aux personnes migrantes - originaires essentiellement du Soudan et d'Érythrée -, les invitant à se rendre dans un guichet unique d'accueil temporaire, pour y faire examiner leur situation par les services de l'État.  Les occupants du square ramassaient leurs affaires et dépliaient leurs tentes dans le calme, se dirigeant sans précipitation vers la salle de la ville où est installé ce guichet.

"Je n'ai rien, donc je ne peux rien faire", estime ce jeune soudanais qui a l'air un peu perdu. "Je suis juste quelqu’un sans espoir, faible. Je vais donc juste faire ce qu’on me demande. S’ils veulent que je continue à vivre dans la rue, je vivrai dans la rue".

Une décision de justice. La mairie avait refusé il y a une semaine de demander l'évacuation, estimant que l'accueil des migrants doit être "digne et organisé" et annonçant qu'elle se mobilisait "aux côtés de celles et ceux qui cherchent des solutions". Saisi par la préfecture de Loire-Atlantique après le refus de la ville, le tribunal administratif de Nantes avait ordonné mercredi l'évacuation "sans délai" de ce campement, où s'étaient réfugiés dans plus de 280 tentes des mineurs isolés, des femmes isolées avec des bébés et une famille. 

"Des conditions de salubrité dégradées". "Les conditions de santé et de salubrité publique restent particulièrement dégradées sur le site", avait estimé le juge des référés de la juridiction administrative, s'inquiétant notamment du "petit espace" où les personnes migrantes "n'ont accès, en pleine chaleur, qu'à un seul point d'eau et un seul sanitaire". "On les invite à aller dans un lieu mais il n'y aura pas de place pour tout le monde", a déploré sur place une membre d'un collectif de soutien aux migrants. La préfecture a promis la mise à l'abri des "personnes les plus vulnérables" et celle des demandeurs d'asile "dans la limite des places disponibles".

Dirigés vers des places d'hébergement. La préfecture a annoncé avoir mobilisé des places d'hébergement "sur l'ensemble du territoire national", le dispositif d'accueil "étant actuellement saturé en région Pays de la Loire". Selon les autorités, les demandes d'asile ont augmenté à Nantes de 28% en un an, là où d'autres grandes villes ont enregistré des baisses. "Ceux qui ne peuvent prétendre ni à l'asile, ni au séjour, ou dont la demande d'asile relève d'un autre État membre de l'Union européenne, seront invités à quitter le territoire", conclut la préfecture dans son communiqué.