Euthanasies clandestines : "Tout ce qui est fait en cachette est mal fait"

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Pour Jean-Louis Touraine, invité du Tour de la question vendredi, les euthanasies clandestines pratiquées aujourd'hui "se raréfieront considérablement le jour où il y aura un cadre légal" sur ce thème.
LE TOUR DE LA QUESTION

Améliorer la fin de vie des malades dont l'état de santé ne peut être rétabli, soulager la douleur, atténuer la douleur des proches… Les partisans d'un assouplissement du cadre sur la fin de vie, en France, défendent leur point de vue avec plusieurs arguments pour convaincre de la nécessité de changer le droit français.

Il en existe un autre, utilisé moins fréquemment : légaliser l'euthanasie permettrait de réduire le nombre d'actes clandestins accomplis en France chaque année. C'est ce qu'affirment Jean-Luc Romero-Michel, président de l'Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD), et Jean-Louis Touraine, député La République en marche, invités vendredi du Tour de la question sur Europe 1.

"En pleine dérive"

Combien y a-t-il d'euthanasies clandestines aujourd'hui, en France ? Officiellement, aucune statistique précise n'existe sur le nombre précis sur ces actes, par nature illégaux. "Récemment, j'ai entendu la Société française des soins palliatifs dire qu'il y a 1.000 euthanasies en France. Nous, on dit que c'est 4.000" par an, assure Jean-Luc Romero-Michel, relayant un chiffre avancé par une député La France insoumise et remis en cause par Libération.

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

"On est en pleine dérive", poursuit le président de l'ADMD. "Malheureusement, elles sont faites sans que le malade n'ait été consulté", abonde le parlementaire LREM et médecin. "C'est un groupe de soignants qui considèrent qu'une personne est en fin de vie et qu'il n'y a plus de légitimité à prolonger sa vie. Ce n'est même pas l'arrêt de l'acharnement thérapeutique, c'est l'injection d'un produit létal en toute illégalité."

Touraine favorable à un "cadre légal" à l'euthanasie

"Or, ceci disparaîtra, ou du moins se raréfiera considérablement le jour où il y aura un cadre légal qui oblige à demander à la personne, réunit tous les gens concernés et prend une décision collégiale", veut croire Jean-Louis Touraine, président du groupe de travail sur la fin de vie à l'Assemblée nationale. "Tout ce qui est fait en cachette est mal fait", explique-t-il.