Etudes de médecine : l'Assemblée vote la suppression du numerus clausus

, modifié à
  • A
  • A
La suppression du numerus clausus en médecine vise à augmenter le nombre d'étudiants formés, tout en diversifiant leurs profils.
La suppression du numerus clausus en médecine vise à augmenter le nombre d'étudiants formés, tout en diversifiant leurs profils. © FREDERICK FLORIN / AFP
Partagez sur :
Les députés ont approuvé mardi, en première lecture, la suppression du "numerus clausus" et du concours qui limite le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine. 

L'Assemblée nationale a approuvé mardi la suppression, pour la rentrée 2020, du "numerus clausus" et du concours couperet limitant le nombre d'étudiants admis en deuxième année de médecine, l'une des mesures phares du projet de loi Santé.

20% d'étudiants en plus. Cette suppression, votée en première lecture par 74 voix contre 4 et 11 abstentions, doit permettre d'"augmenter de 20% à peu près le nombre de médecins formés" tout en diversifiant leurs profils, selon la ministre de la Santé Agnès Buzyn. Les critères de sélection et passerelles entre cursus seront précisés par décret.

Les effectifs d'étudiants en deuxième ou troisième années de médecine, mais aussi en dentaire, pharmacie et maïeutique (sage-femme), seront déterminés à l'avenir par les universités, en lien avec les agences régionales de santé, selon les capacités et les besoins du territoire.

Du "gâchis". En 2018 par exemple, le quota avait été fixé à 8.205 places. Après avoir fortement baissé jusque dans les années 1990 en médecine, le numerus clausus a été très nettement relevé depuis le début des années 2000 face au manque de professionnels. Ce couperet entraîne un "gâchis" et "conduit à l'échec d'excellents lycéens", avait estimé la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

 

L'Assemblée supprime le stage obligatoire dans les "déserts médicaux". L'Assemblée nationale a rétropédalé mardi sur l'idée d'un stage obligatoire en zone sous-dotée pour les étudiants en médecine, avant l'internat, qui avait été prévue en commission à l'initiative de certains "marcheurs" pour lutter contre les "déserts médicaux". Les députés ont adopté par 84 voix contre 39 un amendement du rapporteur Thomas Mesnier (LREM) supprimant cette disposition du projet de loi Santé, alors que les mesures de coercition sont mal perçues dans la profession. Elle prévoyait, pour accéder au troisième cycle des études de médecine, que les étudiants aient validé "un stage situé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante ou des difficultés dans l'accès aux soins".