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Lionel Gougelot, édité par Laura Laplaud , modifié à
Les néonicotinoïdes, aussi appelés "tueurs d'abeilles", devraient à nouveau être autorisés de façon dérogatoire, cette année, pour les producteurs de betteraves. Interdit en 2018, ce pesticide incorporé dans les semences, avait été autorisé l’an dernier pour permettre aux producteurs de surmonter les effets de la maladie de la "jaunisse de la betterave".

La filière de la betterave ou la survie des abeilles ? Un dilemme pour le gouvernement qui devrait accorder une dérogation pour l'usage des néonicotinoïdes dans les champs, un pesticide normalement interdit en Europe depuis 2018, mais qui permet de lutter contre la redoutable maladie de la jaunisse. Une décision qui serait synonyme de recul pour les apiculteurs préoccupés par la disparition de leurs abeilles.

"Une question de survie"

L'invasion du puceron vert et l'interdiction de planter des semences de betteraves traitées aux néonicotinoïdes ont fait perdre aux producteurs entre 20 et 30% de rendement en 2020. Cette nouvelle dérogation pour l'utilisation de cet insecticide est un vrai soulagement pour Dominique Fievez, le président des betteraviers de la Somme. "C'est une question de survie, si on n'avait pas eu cette dérogation, bon nombre de producteurs auraient cessé la production et nos sucreries, pour certaines, auraient sûrement fermé", confie-t-il.

Une filière sucrière qui représente 45.000 emplois et pour laquelle on sacrifie les abeilles, estime Bernard Lamidel, président du syndicat des Apiculteurs. "Les abeilles, tous les pollinisateurs sont sacrifiés. Tous les auxiliaires des cultures qui pollinisent les cultures sont sacrifiés. Ce sera poursuivi, bien sûr, pendant les trois ans, et rien ne nous garantit que dans 4, 5 ou 6 ans, on ne nous refera pas le même tour. C'est ça le problème", assure-t-il.

Pourtant, un vaste plan de recherche est en œuvre pour cultiver la betterave sans ces insecticides tueurs d'abeilles, c'est aussi notre intérêt, assure Dominique Fievez : "Nous, ce qu'on souhaite, c'est naturellement trouver des solutions alternatives aux néonicotinoïdes. Mais il nous faut du temps et d'utiliser demain de moins en moins de produits phyto, ou d'insecticides, nous sommes partants." A condition que ces nouvelles techniques soient compatibles avec la rentabilité de la filière sucrière.