Enseignant décapité : le FSU souhaite "une protection de l'administration"

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Benoit Teste, secrétaire général du FSU, était l'invité d'Europe 1 après l'attentat terroriste qui a coûté la vie à un enseignant de Conflans dans les Yvelines. Face aux "pressions", le FSU dit souhaiter "une protection de la part de l'administration".
INTERVIEW

Vendredi, un enseignant de Conflans dans les Yvelines, a été attaqué au couteau et décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet lors d'un cours sur la liberté d'expression. Face aux "pressions", Benoit Teste, secrétaire général du FSU, syndicat de l'enseignement, a déclaré sur Europe 1 souhaiter "une protection de la part de l'administration".

"Des pressions de la société"

Les enquêteurs se demandent si une vidéo, publiée par un parent d'élève choqué par le cours du professeur et appelant à sa démission, n'est pas à l'origine du passage à l'acte du terroriste. Si le secrétaire général du FSU prend des précautions, rappelant que "l'on ne peut pas accuser quelqu’un qui a fait une vidéo d’être directement responsable", il souligne que "la multiplication de ces prises de position publiques sur un enseignant pose problème".

"C’est normal que les parents d’élèves soient entendus", explique-t-il, mais "la condamnation publique comme cela sur une vidéo, l’appel à la démission de l’enseignant, ce sont des choses qui sont insupportables". Selon lui, "des pressions se multiplient, qui viennent de partout, pas simplement de musulmans". "Il y a des pressions de la société sur les enseignants, et il faut qu’on ait une protection de la part de notre administration", réclame le secrétaire générale du FSU.

Benoit Teste souligne aussi que le professeur avait pu s'expliquer devant les parents d’élèves, "qui ont je pense mieux compris après cette réunion, et on avait le sentiment que la situation était réglée". 

"C’est un crime horrible et un professeur qui faisait son métier. Ce sont les missions d’apprentissage d’émancipation qui sont attaquées. Toute la communauté éducative est sous le choc", a conclu  Benoit Teste. "La tâche du service public n’est pas simple mais nous avons à cœur de la faire et de continuer à la faire. Aucun fanatisme ne doit nous faire plier et notre mission est bien d’éduquer".

Europe 1
Par Séverine Mermillod