Enregistrement Benalla : l'opposition dénonce la tentative de perquisition visant Mediapart

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Des policiers se sont présentés à la rédaction de Mediapart, lundi matin.
Des policiers se sont présentés à la rédaction de Mediapart, lundi matin. © AFP
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L'opposition a accusé le pouvoir d'"utilisation de la justice à des fins politiques" ou de "dérive autoritaire".

L'opposition est montée au front mardi pour dénoncer la tentative de perquisition de Mediapart la veille dans le cadre de la tentaculaire affaire Benalla, accusant le pouvoir d'"utilisation de la justice à des fins politiques" ou de "dérive autoritaire". "J'aimerais savoir qui a demandé au parquet d'ouvrir une enquête préliminaire ; aujourd'hui on ne peut pas répondre", a noté le député RN et membre du bureau exécutif du parti Louis Aliot sur BFMTV/RMC.

"J'ai du mal à soutenir Mediapart alors qu'il se réjouit des perquisitions des autres. Mais sur cette perquisition-là, si l'enquête préliminaire a été ouverte sans plainte d'Alexandre Benalla ou des gens mis en cause, c'est là que ça devient grave et qu'on voit que le pouvoir utilise les services de l'Etat et de la justice à des fins politiques", a-t-il accusé. Le parquet de Paris a tenté de perquisitionner Mediapart lundi après la diffusion fin janvier d'une conversation entre l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron et Vincent Crase, ex-employé de LREM et gendarme réserviste, quelques jours après leur mise en examen en juillet.

"Un sentiment de malaise profond". Cette nouvelle enquête a été ouverte pour "atteinte à l'intimité de la vie privée" et "détention illicite d'appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d'interception de télécommunications ou de conversations", autrement dit sur les conditions dans lesquelles cet enregistrement a été réalisé, selon une source judiciaire. Si "ça s'est vu sous Vichy", "aller perquisitionner une rédaction, ça ne se fait pas, pas dans une démocratie", a critiqué l'ancien ministre et actuel président de l'Assemblée des départements de France Dominique Bussereau (ex-LR) mardi sur LCI.

Un des porte-parole des Républicains, Gilles Platret, avait exprimé lundi dans un tweet son "sentiment de malaise profond". Le chef de file de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a dressé mardi sur Twitter un parallèle entre les perquisitions visant son parti à l'automne et celle de Mediapart. "Ce qui est fait à Mediapart prépare d'autres mauvais coups de même nature contre d'autres médias ou d'autres formations politiques", avait-il écrit lundi sur son blog, en estimant que "la Macronie est devenue dangereuse pour la liberté".