Notre-Dame-des-Landes : de nouveaux heurts, les zadistes réclament l'arrêt des expulsions

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Les affrontements entre zadistes et gendarmes ont repris, mardi.
Les affrontements entre zadistes et gendarmes ont repris, mardi. © AFP
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Après une première journée marquée par des destructions d'habitations, l'opération d'expulsion des occupants illégaux de la Zad de Notre-Dame-des-Landes se poursuit mardi, avec de nouveaux affrontements.
L'ESSENTIEL

Depuis 7h30, c'est reparti à Notre-Dame-des-Landes. Après une première journée marquée par des affrontements lundi, les forces de l'ordre ont relancé l'opération d'évacuation de la Zad tôt mardi matin. Les occupants dénoncent la destruction de leurs installations agricoles. 

Les trois infos à retenir :

  • L'évacuation a repris à l'aube et pourrait durer "jusqu'à la fin de semaine", selon Gérard Collomb
  • Dix squats ont été entièrement déconstruits et cinq sont en cours de déconstruction
  • Six zadistes et quatre gendarmes ont été blessés

Début du deuxième jour d'opérations. "Nous avons repris à six heures les opérations là où nous les avons arrêtées hier, autour de la D281, en élargissant le périmètre à l'est et à l'ouest", a-t-on indiqué de source proche du dossier. Les gendarmes mobiles ont fait reculer les zadistes sur 200 mètres sur la route des "Fosses noires" au sud-ouest de la D281, selon la même source. Mardi matin, la zone était survolée par un hélicoptère, visé par des fusées qui ne l'ont pas touché, selon le ministère de l'Intérieur. Une enquête en flagrance du chef de "violences aggravées" a été ouverte à ce sujet.

De nouveaux affrontements. Comme lundi, plusieurs barricades ont été mises à feu par les zadistes eux-mêmes et les gendarmes ont effectué plusieurs tirs de gaz lacrymogènes. Les zadistes, une trentaine présents, ont riposté par des jets de projectiles, des cocktails molotov et des tirs de fusées. 

Par ailleurs, dans la matinée, des affrontements ont éclaté au niveau des "Vrais rouges", un hameau de cabanes où vivait une poignée de zadistes. Les gendarmes ont été contraints de reculer dans ce secteur. Les affrontements ont repris dans la matinée, causant les blessures de six zadistes et de quatre gendarmes, touchés par des projectiles. En milieu d'après-midi les heurts se poursuivaient près de la D28, aux Fosses noires, avec des tirs massifs de grenades lacrymogènes pour repousser les opposants aux expulsions. 

Une quinzaine de tracteurs "vigilants" sont arrivés sur la zone pour encercler les Fosses noires, où plusieurs projets agricoles se sont installés, dont des activités de boulanger et de brasseur déclarées à la MSA (la sécurité sociale agricole) comme paysans céréaliers.

"S'enraciner" sur les lieux. Les zadistes entendent "empêcher" les forces de l'ordre de poursuivre leur intervention et de "s'enraciner" sur les lieux. Ils appellent "tous ceux qui le peuvent à se rendre sur place dès l'aube" mardi "pour faire obstacle" aux forces de l'ordre. Car de l'aveu de l'un d'eux auprès de l'envoyé spécial d'Europe 1 sur place, les zadistes ne s'estiment pas suffisamment nombreux pour résister aux gendarmes.

Mardi après-midi, une vingtaine d'occupants ayant régularisé leur activité agricole sur le site - ou en voie de le faire - ont exigé l'"arrêt immédiat des opérations d'expulsions", seule "option" selon eux pour une éventuelle reprise du dialogue avec les autorités. "Hier, ils (les gendarmes mobiles) ont détruit la bergerie des 100 noms. Aujourd'hui, ils sont en train d'attaquer d'autres lieux agricoles, ils attaquent tous les projets agricoles contrairement à ce qu'ils avaient dit", a déclaré lors d'un point presse Sarah, expulsée lundi.  

Dix squats totalement déconstruits. Selon un bilan fourni par un porte-parole du ministère de l'Intérieur à midi, "dix squats ont été totalement déconstruits et cinq sont en cours de déconstruction". Sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, puis libérées. "Plus ça va aller, plus ça va être compliqué", avait jugé la préfète des Pays-de-la-Loire Nicole Klein à la fin de la première journée de l'intervention, qui mobilise 2.500 gendarmes.