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En directJet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris : enquête ouverte pour «tentative d'homicide»

Sameer AL-DOUMY / AFP [Sameer AL-DOUMY / AFP]
Entre 320.000 et 500.000 personnes ont manifesté contre la vie chère ce samedi après-midi en France. Les cortèges se sont généralement déroulés dans le calme, mais des affrontements ont éclaté dans plusieurs grandes villes françaises en fin de journée. Suivez notre direct
Jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris : enquête ouverte pour "tentative d'homicide"

Une enquête a été ouverte pour "tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique", après le jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris lors des manifestations samedi, a indiqué dimanche le parquet de Paris sollicité par l'AFP.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié samedi de "tentative de meurtre" le jet d'un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris.

Des images spectaculaires, dont des photos et vidéos de l'AFP, ont montré une bombe artisanale exploser aux pieds d'un membre des forces de sécurité Porte de Charenton (12e arrondissement), le blessant légèrement. 

20 commerces dégradés samedi selon CCI France

Le nombre de dégradations de commerces en marge des manifestations de samedi en France a été sensiblement moins élevé que lors des précédents week-ends, avec 20 établissements touchés selon CCI France, qui rappelle que les enseignes subissent par ailleurs une chute de leur chiffre d'affaires.

La Chambre de commerce et d'industrie avait dénombré 2.488 commerces touchés le 17 octobre et 50 le 24 octobre, selon un précédent bilan.

Dans une déclaration à l'AFP dimanche, CCI France s'inquiète notamment de l'impact des manifestations sur l'attractivité de la France et l'activité des commerces à l'approche des fêtes de fin d'année, qui représentent un pic d'activité pour les commerces de proximité.

La baisse du chiffre d'affaires des commerces situés à proximité des manifestations est évaluée désormais entre -60 % et -80 % par rapport au chiffre d'affaires d'un samedi normal.

Plus tôt dans la semaine, la CCI avait évoqué une chute de 80 % du chiffre d'affaires.

La CCI estime également qu'il y a eu 20 % de réservations en moins dans l'hôtellerie sur la semaine.

Les dégradations interviennent alors que le secteur essuie des crises successives depuis 2018 : les manifestations des gilets jaunes, la crise sanitaire du Covid-19, la guerre en Ukraine, les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk en 2023 ou encore le pouvoir d'achat en berne.

Pour soutenir les commerçants sinistrés, plusieurs mesures ont été annoncées par les pouvoirs publics.

Pour les entreprises touchées qui font moins de 10 millions de chiffre d'affaires annuel et ont moins de 50 salariés, une aide directe pourra aller jusqu'à 10.000 euros, a annoncé ces derniers jours le ministre du Commerce Serge Papin.

Des fonds d'urgence ont également été débloqués par les collectivités locales dans les zones les plus touchées, atteignant 13 millions d'euros à Paris et en région parisienne, 12 millions pour Marseille et sa métropole et 25 millions d'euros pour Lyon et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Par ailleurs, un prêt à taux zéro mis en place par Bpifrance permet aux commerçants concernés de se financer jusqu'à 50.000 euros, notamment afin de racheter des marchandises pour ceux qui avaient déjà fait leurs stocks pour Noël.

L'organisation Les Lycéens! appelle au blocus des lycées "dès lundi"

Pierre Sourzat, à la tête des Lycéens!, a appelé dimanche au blocus des lycées "dès lundi", dénonçant la "politique de comptoir" du gouvernement qui a dévoilé en début de semaine plusieurs mesures pour tenter d'éteindre la colère des jeunes. Après 15 jours de vacances, "bien sûr qu'on appelle au blocus" et "les lycées seront bloqués, et ce dès lundi", a affirmé Pierre Sourzat sur RMC.

"Ce sera plus à partir de mardi, mais on sait qu'il y a des lycées qui vont être bloqués dès demain. Et nous soutenons tous nos camarades qui bloquent leurs lycées dès demain", a-t-il précisé alors que l'Union syndicale lycéenne (USL) et l'Union étudiante ont appelé samedi à bloquer lycées et universités mardi puis jeudi 5 novembre, journée de grève interprofessionnelle.

Emmanuel Macron avait appelé jeudi à la reprise des cours dans "le calme", "compte tenu du fait que la jeunesse a été entendue". Quelques jours plus tôt, les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur avaient annoncé plusieurs mesures pour répondre à la crise lycéenne et étudiante qui dure depuis maintenant six semaines, dont le remplacement progressif du système d'admission post-bac Parcoursup d'ici 2028.

Le président "ne nous a pas entendus (...) il (ne) nous a presque rien donné", a rétorqué Pierre Sourzat. "Le gouvernement a fait avec nous de la politique de comptoir. Il nous a un peu méprisés, limite il se moque de nous", a-t-il fustigé.

Des syndicats appellent à bloquer lycées et universités mardi et jeudi

La porte-parole de l'Union étudiante Sabrine Kharbach a appelé samedi à bloquer lycées et universités mardi et jeudi prochains, en réaction à l’interdiction du parcours parisien déposé pour samedi par les manifestants et pour montrer la "légitimité de leurs revendications".

"Vouloir interdire les manifestations chaque semaine, vouloir interdire les cortèges qui ont toujours eu lieu dans de bonnes conditions, on va leur montrer qu'ils ont tort (...) et que nos revendications sont légitimes", a déclaré Sabrine Kharbach, qui s'exprimait également au nom de l'Union syndicale lycéenne, en début de cortège de la manifestation parisienne. "Dès ce mardi, on va bloquer nos universités et lycées et on bloquera jeudi également pour ensuite aller en manifestation le 5 novembre  à l'appel des travailleurs et travailleuses".

"Avec la coordination nationale étudiante, on appelle à une nouvelle journée de mobilisation mardi 3 novembre, à ce que lundi il n'y ait pas de rentrée, que ce soit une journée où on peut se mobiliser dans les facs et dans les lycées. On se battra jusqu'à minima l'abrogation de Parcoursup et des moyens à la hauteur des besoins", a expliqué Sam, étudiant et membre du comité de mobilisation de l'Interfaculté de Lyon, au micro d'Europe 1.  

"On appelle à lancer une grève générale à partir du 5 novembre. Il faut aussi que les salariés se mettent en mouvement et en grève pour bloquer l'économie. C'est le seul moyen, à notre avis, d'être entendu", a estimé Camille, étudiante à Lyon et militante du syndicat Sud Solidaire .

Des défilés dans le calme mais des affrontements dans la soirée

Les cortèges de l'acte III de la colère sociale, qui ont réuni entre 320.000 et 500.000 personnes, se sont généralement déroulés dans le calme, mais des affrontements ont éclaté dans plusieurs grandes villes françaises en fin d'après-midi, dont Paris où la police a été visée par des engins incendiaires.

Au total, 320.000 personnes ont manifesté, dont 70.000 à Paris, selon les autorités qui avaient dénombré la semaine dernière 410.000 personnes. Pour sa part, l'Intersyndicale de la jeunesse a avancé le chiffre de 500.000 manifestants, dont 200.000 à Paris.

Cette troisième journée de mobilisation contre la vie chère s'inscrit dans le sillage du mouvement lycéen et étudiant, qui réclame notamment la suppression de la plateforme d'orientation Parcoursup, la rénovation des établissements et plus d'enseignants.

À 21 heures, le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 565 interpellations en France. Lors de la mobilisation précédente, le 24 octobre, 768 personnes avaient été interpellées en fin de journée, contre 385 au même moment le 17 octobre. Le ministre a précisé que 40.000 contrôles avaient été menés en amont, dont 15.000 dans l'agglomération parisienne.