Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

«Je me retrouve le crâne fracassé» : à Bordeaux, des restaurateurs victimes des violences en marge de la mobilisation du 31 octobre

Émaillé de violences en fin de cortège dans plusieurs grandes villes, l’acte III de la mobilisation sociale a laissé des traces à Bordeaux. Place de la Victoire, des commerçants ont assisté aux affrontements entre forces de l’ordre et casseurs, et certains ont même été blessés.

À Bordeaux, 11.000 personnes ont défilé samedi 31 octobre. Un chiffre en légère baisse par rapport à la semaine dernière. Mais la place de la Victoire a été le théâtre d'affrontements avec plusieurs victimes collatérales et notamment plusieurs commerçants. 

"Des éléments radicaux ont tenté dans plusieurs villes (Bordeaux, Toulouse, Rennes, Lille, Nantes, Marseille, Lyon, Montpellier...) en fin de cortège de pénétrer les centres-villes aux fins de dégradations et pillages, mais en ont été empêchés par les interventions systématiques des forces de l'ordre", a affirmé samedi le ministère de l'Intérieur.

"Ça ne tire pas à balles réelles, mais à pavés réels"

Dans ce quartier du sud de Bordeaux, devenu un point sensible des fins de manifestation le samedi, la violence est montée d’un cran samedi. Les bars et restaurants, en première ligne, en ont fait les frais.

David, bandage sur la tête, a pu sauver son établissement mais il n'est pas ressorti indemne de cette : "Moi, je me suis pris un pavé en pleine tête de la part des manifestants. J'avais tourné la tête au dernier moment. Sinon, je le prenais en plein visage. Je me retrouve le crâne fracassé. Je ne sais même pas si j'ai des commotions ou pas. Je commence à avoir des nausées. Je dois aller à l'hôpital. C'est invivable", a-t-il témoigné au micro d'Europe 1. 

Car David n'est pas la seule victime. L'un de ses collègues a également été touché. François, le manager, se fait du souci. "Il est parti à l'hôpital. Il a pris un tir de mortier. Il a deux doigts fracturés. Quand tu travailles, tu ne viens pas pour prendre des pavés sur la tête. On est dans une zone de guerre, nous. Ça ne tire pas à balles réelles, mais à pavés réels. On a eu deux blessés et deux choqués. En quatre personnes en moins, c'est du personnel, c'est sûr. Après, il y a des hommes à gérer. Il y a des équipes qui stressent. C'est compliqué". 

Car en plus de ces dégâts sur le plan psychologique, ces restaurateurs ont à nouveau fait face à une journée quasi exsangue au niveau de la recette. Et ça commence à durer ici.