Le président français Emmanuel Macron a appelé lundi l'Europe à retrouver le "courage de ses pères fondateurs" et à ne pas céder au "repli" et au "retour des nationalismes", lors d'une rencontre en présence du pape Léon XIV sur la construction européenne et la paix à Metz.
"Ici bat le cœur millénaire de l'Europe, une Europe qui protège, unit et agit. Une Europe souveraine et démocratique, habitée par ce projet de paix et de prospérité. Une Europe qui doit retrouver le courage de ses fondateurs (..) le courage pour ne pas céder au repli, à la haine de l'autre, au retour des nationalismes qui divisent", a-t-il lancé au dernier jour de la visite du pape en France.
Au terme des quatre jours de visite du pape Léon XIV en France, Emmanuel Macron lui a adressé ses remerciements, affirmant le faire "infiniment". Le chef de l’État a souhaité que le souverain pontife ait perçu "une nation fervente, unie et heureuse" au cours de son déplacement.
En conclusion de son discours, il a repris une formule ashkénaze, également utilisée par les Allemands, pour évoquer le "bonheur tranquille" d’être "heureux comme Dieu en France". Emmanuel Macron a alors proposé de la détourner en hommage au pape : "Heureux comme Léon XIV chez nous."
Depuis Metz, Emmanuel Macron a salué la venue du pape Léon XIV, qualifiant cette visite de "riche en symbole". En présence du souverain pontife, le chef de l’État a évoqué "cette terre de Lorraine meurtrie par l’histoire, disputée, conquise, et reconquise », devenue selon lui le lieu où « s’est bâtie la réconciliation franco-allemande".
Emmanuel Macron a également décrit Metz et la Lorraine comme une "pierre d’angle de la construction européenne", soulignant ainsi la portée particulière de cette étape du voyage du pape, placée sous le signe de la paix et du rapprochement entre les peuples.
Le pape Léon XIV a estimé que le "discours religieux" doit contribuer à "désarmer les coeurs et les mots" lors d'une rencontre avec des représentants de différentes religions à Metz au quatrième - et dernier - jour de sa visite en France, lundi.
"Invoquer le nom de Dieu pour légitimer la violence ou l'oppression est une profanation de ce nom. Rien de ce qui défigure la dignité humaine ne peut se réclamer d'une authentique inspiration divine", a déclaré le pape lors de ce discours en présence de représentants de nombreux cultes, première allocution de sa journée à Metz.
"Le discours religieux doit appeler constamment à désarmer les coeurs et les mots. Cela engage la responsabilité directe de chacun de nous, en tant que gardiens de nos traditions respectives", a poursuivi Léon XIV. Il s'exprimait après la lecture de "l'appel de Metz", une déclaration commune des représentants des cultes en France appelant au dialogue interreligieux et à la paix.
Le pape Léon XIV a passé une demi-heure dans le poste de pilotage de l'avion qui l'a transporté lundi matin de Lourdes à Metz, a indiqué Air France à l'AFP.
"Le Saint-Père est venu dans le poste de pilotage pendant toute la croisière Lourdes-Metz", a déclaré par téléphone l'officier pilote de ligne, Éric Marguerite, copilote sur ce vol, après s'être posé à Metz-Nancy-Lorraine.
"Nous avons eu avec lui des échanges informels. Il est passionné d'aviation, d'automobile, de mécanique en général", a-t-il ajouté.
La discussion a eu lieu "en anglais, essentiellement. On lui a demandé où il avait appris à parler aussi bien le français. Il a répondu qu'avec son nom de famille (Prevost, NDLR), il s'y était toujours intéressé, et qu'il avait fait des voyages, comme en 1974 où il avait visité l'Europe".
Le pape Léon XIV est arrivé lundi matin à Metz, troisième et dernière étape de sa visite en France où il doit notamment s’exprimer sur la paix et l’Europe, a constaté un journaliste de l'AFP à bord de l’avion papal.
Le pape américain, qui doit être accueilli par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, est attendu au centre des congrès Robert Schuman où il prononcera à 11H00 un discours en présence du président Emmanuel Macron, avant une messe cet après-midi à la cathédrale Saint-Étienne.
À Metz, le décor est presque idéal pour Emmanuel Macron. Le centre des congrès porte le nom de Robert Schuman, l'un des pères de l'Europe. Et le thème de la rencontre avec Léon XIV ce lundi est tout trouvé : la paix et l'unité du continent.
Le président prendra la parole avant le pape, qui effectuera le dernier jour de sa visite en France. Les dirigeants européens ont été conviés. Pour Emmanuel Macron, c'est surtout le retour à une vieille partition. Depuis son discours de la Sorbonne en 2017, il défend une Europe plus souveraine, plus unie, plus forte. Neuf ans plus tard, le cap n'a guère changé, mais le contexte, lui, a basculé. Retrouvez notre article.
Entre 50.000 et 100.000 fidèles sont attendus à Metz à l'occasion de la venue du pape Léon XIV, notamment à l’occasion d’une déambulation de deux kilomètres dans les rues de la ville. Autre temps fort : une rencontre interreligieuse et un discours, ce lundi matin, sur la paix au centre des congrès Robert-Schuman, du nom de l’un des pères fondateurs de l’Union européenne.
Metz, en Moselle, Léon XIV délivrera un message de paix et d’espérance sur une terre profondément marquée par trois guerres, dont deux mondiales. "Un territoire qui a fait l’expérience dans sa chair de la puissance de la réconciliation, à travers la réconciliation franco-allemande", a affirmé Monseigneur Philippe Ballot, archevêque et évêque de Metz. Retrouvez notre article ici.
Le président de la République Emmanuel Macron, qui se rend ce lundi à Metz dans le cadre de la visite du pape Léon XIV, va finallement assister à la messe du souverain pontife. Le chef de l'Etat devait au départ uniquement être présent pour prononcer un discours autour de l'Europe, un thème important pour Emmanuel Macron.
Le locataire de l'Élysée participera également à la cérémonie de départ du territoire du Saint-Père, indique le palais.
Après trois journées accompagnées d'un élan de liesse populaire à Paris et à Lourdes, le pape Léon XIV compte donner lundi une tonalité internationale au quatrième - et dernier - jour de sa visite en France, avec un discours à Metz vantant la construction européenne comme source de paix.
C'est sur les terres frontalières et marquées par les guerres, où repose le pieux Robert Schuman (1886-1963), l'un des pères de l'Europe en voie de béatification par l'Eglise catholique, que le pape américain va conclure son premier séjour hexagonal.
Préférant Metz - à distance de villes d'institutions européennes, comme Strasbourg -, Léon XIV devrait y inviter l'Europe, en cette période de tensions géopolitiques majeures, à retrouver les fondements de sa création pour ramener la paix sur le continent.
Attendu à 09H20 à l'aéroport de Metz-Nancy-Lorraine, le souverain pontife doit prononcer à 10H00 un premier discours lors d'une rencontre interreligieuse, puis un second lors d'une rencontre sur la paix et les racines chrétiennes de l'Europe.
Invités par l'Elysée, seuls quelques chefs d'Etat et de gouvernement des autres pays de l'UE ont annoncé leur présence à Metz, où Emmanuel Macron prendra aussi la parole.
La journée se clôturera avec un dernier tour en papamobile de Léon XIV et une messe à la cathédrale Saint-Etienne (16H00), joyau de l'art gothique.