L'ESSENTIEL - Gilets jaunes : 18.600 manifestants en France samedi selon l'Intérieur, dont 1.200 à Paris

, modifié à
  • A
  • A
Plusieurs milliers de personnes ont une nouvelle fois défilé dans les rues de France.
Plusieurs milliers de personnes ont une nouvelle fois défilé dans les rues de France. © SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP
Partagez sur :
Une semaine après une faible mobilisation, les "gilets jaunes" se cherchaient un nouveau souffle en région. Deux manifestations d’ampleur étaient attendues à Lyon et Nantes. Mais la mobilisation a une nouvelle fois baissé. 
L'ESSENTIEL

Les "gilets jaunes" espéraient un rebond. Une semaine après la plus faible mobilisation enregistrée depuis le début du mouvement, les regards étaient particulièrement tournés vers les régions pour l"acte 26", samedi, alors que les "gilets jaunes" avaient annoncé deux manifestations d’ampleur à Lyon et à Nantes. Des défilés étaient également prévus à Lille, Toulouse, Strasbourg ou Dijon. Mais les "gilets jaunes" ont connu une nouvelle baisse de la mobilisation, avec 18.600 manifestants dans tout le pays, dont 1.200 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Les informations à retenir :

  • Les "gilets jaunes" ont enregistré leur plus faible mobilisation depuis le début du mouvement
  • 18.600 personnes ont défilé en France, dont 1.200 à Paris
  • Des heurts ont éclaté à Lyon et à Nantes, alors que le rassemblement parisien s'est déroulé dans le calme

La mobilisation une nouvelle fois en baisse

Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, la mobilisation était en baisse à 14 heures. Les "gilets jaunes" étaient 2.700 à manifester en France, dont 600 à Paris. Il y a une semaine, 3.600 manifestants avaient été comptabilisés en France, dont 1.000 à Paris. 

Au total, quelque 18.600 "gilets jaunes" ont manifesté samedi en France, toujours selon l'Intérieur, dont 1.200 personnes dans les rues de Paris. Le comptage des autorités est contesté par les "gilets jaunes", qui ont dénombré sur la journée plus de 37.000 manifestants.

Des heurts à Nantes et Lyon

Les "gilets jaunes" se cherchaient un nouveau souffle après un acte 25 ayant mobilisé moins de 19.000 personnes, soit le plus faible total depuis le début du mouvement en novembre dernier. Deux mobilisations d’ampleurs étaient  attendues à Lyon et à Nantes, samedi.

Jerôme Rodrigues, figure des "gilets jaunes" (il avait été gravement blessé à un œil par un tir de projectile des forces de l’ordre), était présent à Lyon. Quatre zones de la ville, essentiellement commerçantes, étaient interdites aux manifestants. Encadré par un important dispositif de sécurité, les manifestants sont partis de la place Bellecour, le cortège rassemblant quelque 2.500 personnes. 

L'ambiance s'est tendue en milieu d'après-midi, avec des jets de projectiles sur les forces de l'ordre qui ont riposté par de nombreux tirs de gaz. La gendarmerie mobile et les CRS encadraient de très près la tête du cortège et étaient l'objet de jets de bouteilles, pierres ou pétards. La préfecture évoque des "éléments radicaux violents, cagoulés, masqués, qui se cachent derrière des banderoles". Selon la préfecture, 10 policiers et gendarmes ont été blessés. 

À Nantes, où les autorités tablaient sur la présence de 2.000 "gilets jaunes" et "500 ultras", ce qui avait incité les forces de l’ordre a renforcer leur dispositif de sécurité, un arrêté interdisant de manifester dans le centre-ville avait été pris par la préfecture. Sur Twitter, la Police nationale a fait état de neuf interpellations préventives avant le début de la manifestation, "doit trois pour port d'arme prohibé". 

En début d'après-midi, les manifestants se sont élancés dans les rues de la ville, en présence de Maxime Nicolle alias "Fly Rider", une autre figure des "gilets jaunes". Selon la police, citée par France Bleu Loire Océan, 2.200 personnes étaient présentes dans le cortège. 

Rapidement, des heurts ont éclaté entre des manifestants et les forces de l'ordre. Vers 15 heures, une équipe de la Brigade anti-criminalité (BAC) a traversé une rue et a été victime de jets de projectiles par des manifestants, conduisant à une intervention des forces de l'ordre et des tirs de LBD. Selon un photographe de l'AFP, un manifestant a été évacué par des "street medics" après un tir de LBD. Par ailleurs, un journaliste reporter d'images (JRI) de la chaîne d'information CNews a dit avoir été touché par un tir de LBD au niveau du bas ventre, assurant toutefois aller "bien", sa "ceinture abdominale ayant permis d'atténuer le choc". Au total, selon la préfecture, 26 personnes ont été interpellées. 

Une enquête de police a par ailleurs été ouverte, après que des forces de l'ordre ont sorti leur arme alors qu'un automobiliste se dirigeait vers elles. Samedi après-midi à Nantes, "un automobiliste a tenté de forcer un barrage, ils (les forces de l'ordre) ont sorti leur arme et l'automobiliste a fait demi-tour", a indiqué la préfecture de Loire-Atlantique. Les forces de l'ordre "n'ont pas fait usage de leur arme, ça s'est arrêté là", a ajouté la préfecture, précisant que l'automobiliste n'avait pas été interpellé.

Dans les rues de Montpellier, environ 1.300 personnes ont manifesté dans le calme, selon la préfecture. À Strasbourg, le groupe "Gilets Jaunes Alsace" avait appelé à se rassembler devant le Palais des Congrès, où la tête de liste LREM pour les européennes, Nathalie Loiseau, tenait un meeting dans l'après-midi avec le Premier ministre Édouard Philippe. Seulement une cinquantaine de manifestants étaient présents, dans le calme et encadrés par les forces de l'ordre, rapportent Les Dernières Nouvelles d'Alsace

A Bordeaux, longtemps bastion du mouvement, la manifestation est passée sous le cap des 1.000 participants avec 700 personnes recensées par la préfecture.

Quelques centaines de manifestants à Paris

À Paris, plusieurs centaines de manifestants ont commencé à défiler vers 13 heures, sous la pluie et en chantant "On est là, on est là", depuis Jussieu, point de départ choisi "en soutien aux enseignants" pour protester contre la loi Blanquer. L'accès aux Champs-Élysées était fermé au sein d'un périmètre d'interdiction comprenant le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, de même que le secteur de Notre-Dame.

Vers 15 heures, le cortège a terminé son parcours dans le calme, sur l'esplanade Pierre Vidal-Naquet (13e arrondissement). Une partie des participants a continué à occuper l'esplanade au cours de l'après-midi, tandis que d'autres ont entamé une "manif sauvage" dans Paris, se rendant notamment place de la République.