Féminicide de Julie Douib : l'ex-compagnon condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

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Le procès de Bruno Garcia-Cruciani se tient actuellement aux assises de Bastia. 1:27
Le procès de Bruno Garcia-Cruciani se tient actuellement aux assises de Bastia. © Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP
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Bruno Garcia-Cruciani a été condamné mercredi par la cour d'assises de Bastia à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat de son ex-compagne et mère de ses deux fils, Julie Douib, en 2019 à l'Ile-Rousse. Sa peine est assortie d'une période de sûreté de 22 ans. En outre, il est privé de son autorité parentale sur les deux fils du couple. 
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Bruno Garcia-Cruciani, 44 ans, a été condamné mercredi par la cour d'assises de Bastia à la réclusion criminelle à perpétuité, avec une peine de sûreté de 22 ans, pour l'assassinat de son ex-compagne et mère de ses deux fils, Julie Douib, en 2019 à l'Ile-Rousse. Il a été également condamné à l'interdiction de détenir une arme pendant 15 ans. Il est également privé de l'autorité parentale sur les deux fils du couple, âgés aujourd'hui de 11 et 13 ans, une mesure destinée à "protéger les enfants" a fait valoir la présidente. Europe 1 vous fait vivre le récit de cette condamnation.

Les principales informations à retenir : 

  • Bruno Garcia-Cruciani a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat de Julie Douib
  • Sa peine est assortie d'une période de sûreté de 22 ans
  • Une audience ultérieure doit déterminer s'il est privé de son autorité parentale sur les deux fils du couple

"Lorsqu'il tue Julie Douib ce dimanche 3 mars Bruno Garcia s'érige comme le seul propriétaire d'elle à vie", explique l’avocate générale. A aucun moment il n’a perdu le contrôle. La magistrate Charlotte Beluet requiert à la barre au milieu de la salle d’audience. Comme les témoins sans aucune note. Elle connait le dossier par cœur et retrace la traque opérée par Bruno Garcia minute par minute.

"Quatre minutes, c’est long pour Julie, qui se voit mourir"

D’abord il se construit un alibi le vendredi soir. Il dit avoir entendu les ébats de Julie avec le professeur de sport. "Elle porte atteinte à son honneur, c’est le fameux crime passionnel". La magistrate s'adresse aux jurés les uns après les autres captant leur regard. Le samedi, il fait venir sa sœur de Toulon pour garder les enfants, il suit Julie au cinéma et puis il exhibe son silencieux devant son beau-frère et tire en l’air. "Deux douilles ont été retrouvées dans son jardin". "Le dimanche matin, l’arme à la ceinture il va chez Julie. Il reste moins de 4 minutes. Il tire une première fois, elle s’échappe sur le balcon. Il la pourchasse, la chevauche et tire à nouveau. C’est une exécution sommaire". L’avocate générale marque une pause. "Quatre minutes, c’est long pour Julie, qui se voit mourir".

La magistrate ne veut pas se dérober, et se livre aussi à une autocritique des failles de la chaine judiciaire. Pas d’enquête de voisinage après la plainte de Julie, des mains courantes restées sans réponse. Et puis la garde des enfants confiée au père. "Avec des si, on referait le monde", reconnait l’avocate générale. "Celui qui a voulu la mort de Julie douib c’est Bruno Garcia et il était déterminé".

"Ne tombez pas dans le piège de l’exemple"

L’avocate générale requiert la réclusion criminelle à perpétuité et la déchéance de l’autorité parentale. "Que Bruno Garcia retire sa main qu’il a sur ses enfants. Deux petits garçons livrés à un chaos familial ne seront jamais les adultes qu’ils auraient du devenir s’il n’avait pas vécu ce traumatisme comme un dommage irréversible." "La pression est énorme, plaide Me Radot, quand on demande la perpétuité contre un homme. Réfléchissez avec moi pour voir si réellement l'homme assis ici mérite de passer sa vie en prison. Ce dossier n'a rien de particulier, c'est la banalité du mal, peu importe le nombre de journalistes dans la salle. Les parents de Julie Douib ne veulent pas que leur fille soit un numéro, qu'elle soit oubliée ils veulent faire avancer la cause des violences faites aux femmes et nous on s'incline. Mais on n'est pas ici dans une arène militante, médiatique". L’avocat de Bruno Garcia implore les jurés : "Ne tombez pas dans le piège de l’exemple".

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Europe 1
Par Marion Dubreuil