La circulation des tramways est interrompue à Strasbourg, à la demande de l'Etat, "afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants", a annoncé jeudi le préfet du Bas-Rhin, alors que des dégradations se produisent devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne.
Le préfet Amaury de Saint-Quentin a en outre interdit jusqu'à vendredi la détention, le transport et l'utilisation de mortiers d'artifices ainsi que le transport de carburant en bidon, selon un communiqué de la préfecture.
Face à la montée de la mobilisation lycéenne et aux violences qui ont émaillé plusieurs blocages, Sébastien Lecornu convoque une cellule interministérielle de crise ce jeudi à 13 heures, selon une information de BFMTV. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de la Justice Gérald Darmanin doivent notamment y participer.
Le hall du lycée Nelson Mandela, dans le centre de Nantes, a été détruit par un incendie jeudi matin lors du blocage de l'établissement, a constaté une journaliste de l'AFP. Un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché et s'est propagé sur la façade du lycée avant d'être maîtrisé, a déclaré à l'AFP la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier.
De nombreux pompiers se trouvaient sur place peu après 10H et des lycéens restaient devant l'établissement, a constaté l'AFP.
Jeudi, des lycées sont bloqués un peu partout en France, à Paris, Marseille, Strasbourg et Rennes où le lycée Bréquigny, le plus gros de Bretagne, était bloqué en début de matinée par un attroupement devant l'une des entrées, a constaté une journaliste de l'AFP.
Pour tenter de mettre fin à la propagation du mouvement qui a débuté mardi, Edouard Geffray a annoncé l'ouverture d'une "plateforme de concertation" à laquelle "tous les lycéens pourront contribuer". Situé sur l'île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson Mandela accueille plus de 1700 élèves et étudiants, selon son site internet.
Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, a dénoncé ce jeudi les violences qui accompagnent les blocages de lycées. Sur les réseaux sociaux, elle affirme que le lycée Nelson-Mandela, à Nantes, a été touché par un incendie, évoquant également des départs de feu "à des dizaines d’autres endroits". Elle dénonce "la même violence" et "la même instrumentalisation politique", estimant que ces violences ne représentent pas la jeunesse française. "Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire", ajoute-t-elle.
La présidente de région, qui avait déjà fait état de dégradations dans plusieurs établissements des Pays de la Loire, appelle également à soutenir les policiers et les pompiers mobilisés face aux incidents. Son témoignage intervient alors que le mouvement lycéen s’est étendu ces derniers jours, avec des blocages et des violences dans plusieurs villes, tandis que les organisations lycéennes maintiennent leur appel à poursuivre la mobilisation ce jeudi 1er octobre.
Le lycée Mandela au cœur de Nantes brûle. Des feux à des dizaines d’autres endroits. Partout les mêmes casseurs. Partout la même violence. Partout la même instrumentalisation politique. Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire. Ce… pic.twitter.com/JEX9jQjCfc
— Christelle MORANÇAIS (@C_MORANCAIS) October 1, 2026
Aux origines du mouvement, le blocage d’un lycée à Créteil, lié à une problématique locale de manque de moyens. Mais très vite, un syndicat, l’Union syndicale lycéenne, classée à l’extrême gauche, y voit une opportunité. Cette organisation se revendique antifasciste, écologiste et féministe.
Sa stratégie ? Élargir le mouvement aux autres lycées de banlieue parisienne, puis à l’ensemble du territoire. Et cela fonctionne, au point d’attirer l’attention de plusieurs autres associations d’ultra-gauche devant les établissements scolaires, comme Le Poing levé, un collectif étudiant anticapitaliste, révolutionnaire et marxiste, affilié au parti Révolution permanente. Retrouvez notre article ici.
Le blocus des lycées n’est-il pas un prélude à ce qui pourrait se passer en mai 2027 si Marine Le Pen accédait à l’Élysée ? Depuis le début du mouvement lycéen, de nombreux élus de La France insoumise ont apporté leur soutien aux élèves mobilisés. Pour Laure Lavalette, députée RN du Var et invitée de La Grande interview sur Europe 1 et CNEWS ce jeudi, "la violence et le chaos sont le mode opératoire de LFI". Retrouvez notre article ici.
Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l'Intérieur.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.
L'IGPN, la "police des polices", a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l'ordre sont intervenues "avec beaucoup de proportionnalité".