Près de 2.000 personnes ont été interpellées jeudi en France dans le cadre du mouvement de blocage des lycées, essentiellement pour atteinte aux personnes dépositaires de l'autorité publique, violences et attroupements, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
Au cours de la journée, la place Beauvau a décompté 305 policiers et gendarmes blessés, le ministre Laurent Nuñez condamnant "une violence débridée".
Devant un lycée habituellement tranquille de l'ouest toulousain, poubelles en feu, jets de projectiles et cocktails Molotov ont rythmé la journée, obligeant commerçants et habitants du quartier à se barricader. "On voit des gens cagoulés. Ils nous ont lancé des pavés et des fumigènes. On s'est enfermés à clé exprès parce qu'on s'est sentis en danger", raconte une riveraine. Découvrez notre reportage ici.
Selon une source policière, à 17 heures, 1.361 personnes ont été interpellées dans le cadre des blocages des lycées, et 852 d'entre elles ont été placées en garde à vue. Du côté des forces de l'ordre, 235 policiers ont été légèrement blessés. Aussi, 24 enseignants et 68 élèves ont été blessés.
Toujours d'après cette source, 700 actions dont 277 blocages ou tentatives de blocages ont été recensés, et concernaient 115.000 personnes. 500 initiatives sont terminées, ajoute cette source.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, recevra vendredi les organisations syndicales représentatives des personnels, les associations de parents d'élèves, les associations lycéennes et les élus du Conseil national de la vie lycéenne, a-t-il indiqué ce jeudi, alors que le mouvement de blocage des établissements semble s'enflammer.
Son "objectif" est de "faire de ces échanges des avancées concrètes au service des élèves, des personnels et de l'École", a-t-il ajouté sur X.
Écouter les lycéennes et les lycéens, examiner leurs revendications et construire avec eux des réponses concrètes : c’est le sens du dialogue engagé depuis le début de la semaine.
Dans les établissements, avec les réunions des conseils de la vie lycéenne et des conseils…— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) October 1, 2026
Le nombre de blocages ou d'incidents autour du mouvement des lycées s'est accru pour atteindre jeudi le chiffre de "900 actions" recensées sur tout le territoire français, a-t-on appris de source sécuritaire.
Tous les départements sont concernés désormais et les services ont constaté depuis mercredi "une accentuation" du phénomène, "une bascule avec un changement de discours, plus radical" et "des violences urbaines aux abords des lycées", a-t-on ajouté de même source.
Le coordinateur de LFI Manuel Bompard a reproché jeudi à Matignon, qui a accusé plus tôt La France insoumise "et ses proxys de l'ultra-gauche" d'être "à l'origine" du mouvement de blocage des lycées, de "sombrer dans le complotisme".
"J'appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens. Ce mouvement spontané est né d'une exaspération face à des conditions d'éducation absolument indignes (...) Il est temps que le Premier Ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation", a déclaré à l'AFP Manuel Bompard.
Plusieurs proviseurs ont été molestés ou agressés lors de blocages de lycées, ont rapporté jeudi des rectorats et des représentants syndicaux, qui condamnent ces violences. "On ne cautionne pas ces violences, s'en prendre à des chefs d'établissements, c'est se tromper de sujet", a insisté Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du syndicat de chefs d'établissements SNPDEN-Unsa.
Elle rappelle que les proviseurs n'ont par exemple "pas les moyens de passer de 35 à 25 en classe de terminale". "On ne voit pas où est l'issue, et on ne sait pas comment se sortir de ça, on a besoin d'aide du ministère, mais laquelle je ne sais pas", a-t-elle ajouté.
La France insoumise "et ses proxys de l'ultragauche" sont "à l'origine du mouvement" de contestation des lycéens, selon Matignon. Pour les services du Premier ministre, il ne s'agit plus d'un sujet de blocus des lycées mais davantage de "violences urbaines". C'est ce qui ressort de la cellule interministérielle de crise à la mi-journée.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin réunira en visioconférence jeudi à 17h30 les 36 procureurs généraux pour "faire un point sur la fermeté de la réponse pénale que souhaite le ministre" face aux violences qui émaillent les mouvements lycéens, a indiqué à l'AFP la Chancellerie, confirmant une information du Figaro.
Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, semblait s'enflammer jeudi dans plusieurs grandes villes de France, contraignant le Premier ministre Sébastien Lecornu à convoquer une cellule de crise.
Plusieurs établissements scolaires de Liège, en Belgique, ont été la cible jeudi de manifestations de colère et de dégradations, a indiqué la police, alors qu'un mouvement de blocage des lycées est en train de s'étendre en France.
Sur le réseau social X, le ministre belge de l'Intérieur Bernard Quintin a accusé "une minorité d'activistes" d'"instaurer le chaos" dans l'enseignement, après ce que la police a décrit comme un "mouvement spontané" jeudi matin dans au moins cinq établissements.
Cela fait des mois qu'une minorité d'activistes souffle sur les braises, instaure le chaos dans l'enseignement et embrigade la jeunesse dans son sillage.
On en avait déjà vu le résultat le 4 juin avec un Parlement attaqué et une ville dégradée. On le voit à nouveau aujourd'hui à…— Bernard Quintin (@BernardQuintin_) October 1, 2026
La région Ile-de-France évoque auprès d'Europe 1 une facture de plus d'1 million d'euros après les dégradations dans les lycées. Plus de 200 établissements ont été perturbés ce jeudi, avec une cinquantaine d'entre eux qui ont connu des violences, des affrontements et des dégradations, pour "l'acte 2" de la mobilisation.
Sébastien Lecornu a demandé jeudi à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours en raison du mouvement de blocage mené par des lycéens, afin de laisser les préfets gérer la situation, a rapporté son entourage.
"Au regard de l'évolution de la mobilisation aux abords des lycées et universités, il est nécessaire d'annuler ou reporter ultérieurement vos VO (voyages officiels, ndlr) prévus cette semaine et en début de semaine prochaine, afin que les préfectures concentrent leur moyens à la gestion de la situation" et non à ces déplacements, a écrit le Premier ministre aux membres de son gouvernement, selon la même source.
La matinée a été très mouvementée devant plusieurs établissements de Seine-Saint-Denis. Devant un lycée de Pantin, plusieurs jeunes, visages masqués et habillés de noirs, ont mis le feu à des poubelles. Un incident suivi forcément par une intervention des CRS et des affrontements entre forces de l'ordre et lycéens. "On n'est pas d'accord avec ce fait de cramer, mais on ne peut pas se concentrer uniquement sur ça", dénonce Simon, élève de première dans l'établissement au micro d'Europe 1.
De nombreux lycéens dénoncent des conditions d'apprentissage dégradées, des salles insalubres, le manque d'enseignants. Mais les incidents sont nombreux en Ile-de-France et ailleurs. Ainsi, un incendie a ravagé l'entrée d'un lycée dans le 19e arrondissement de Paris. Un proviseur a été blessé également en Ile-de-France.
La circulation des bus, tramways et métros a été interrompue jeudi à Marseille en raison "des déprédations et des agressions de conducteurs" survenues dans la matinée sur le réseau, en marge du mouvement des lycées, a annoncé la Régie des transports métropolitains (RTM).
"L'exploitation reprendra dès que les conditions le permettront, en lien avec les forces de l'ordre", a précisé la RTM, dans un communiqué, ajoutant que l'exploitation du tramway d'Aubagne est également interrompue.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a demandé dans un post X "que les cours soient assurés à distance lorsque des dégradations ou des blocus empêchent l’accueil des élèves en toute sécurité". Il a dénoncé des violences d'une "extrême gravité".
Un lycée incendié, des personnels aspergés d’essence, un bilan de blessés qui s’alourdit : les violences commises depuis ce matin aux abords des lycées sont d’une extrême gravité. Elles dépassent largement la seule question de l’École. Aucune revendication ne peut justifier de…
— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) October 1, 2026
La circulation des tramways est interrompue à Strasbourg, à la demande de l'Etat, "afin de limiter les mouvements des casseurs et manifestants", a annoncé jeudi le préfet du Bas-Rhin, alors que des dégradations se produisent devant plusieurs lycées de la capitale alsacienne.
Le préfet Amaury de Saint-Quentin a en outre interdit jusqu'à vendredi la détention, le transport et l'utilisation de mortiers d'artifices ainsi que le transport de carburant en bidon, selon un communiqué de la préfecture.
Face à la montée de la mobilisation lycéenne et aux violences qui ont émaillé plusieurs blocages, Sébastien Lecornu convoque une cellule interministérielle de crise ce jeudi à 13 heures, selon une information qu'Europe 1 peut confirmer. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste et le ministre de la Justice Gérald Darmanin doivent notamment y participer.
Le hall du lycée Nelson Mandela, dans le centre de Nantes, a été détruit par un incendie jeudi matin lors du blocage de l'établissement, a constaté une journaliste de l'AFP. Un "incendie volontaire", dont l'origine n'a pas été précisée, a été déclenché et s'est propagé sur la façade du lycée avant d'être maîtrisé, a déclaré à l'AFP la proviseure adjointe, Gaëlle Cordier. De nombreux pompiers se trouvaient sur place peu après 10 heures et des lycéens restaient devant l'établissement, a constaté l'AFP.
Jeudi, des lycées sont bloqués un peu partout en France, à Paris, Marseille, Strasbourg et Rennes où le lycée Bréquigny, le plus gros de Bretagne, était bloqué en début de matinée par un attroupement devant l'une des entrées, a constaté une journaliste de l'AFP.
Pour tenter de mettre fin à la propagation du mouvement qui a débuté mardi, Edouard Geffray a annoncé l'ouverture d'une "plateforme de concertation" à laquelle "tous les lycéens pourront contribuer". Situé sur l'île de Nantes, le lycée public polyvalent Nelson Mandela accueille plus de 1.700 élèves et étudiants, selon son site internet.
Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire, a dénoncé ce jeudi les violences qui accompagnent les blocages de lycées. Sur les réseaux sociaux, elle affirme que le lycée Nelson-Mandela, à Nantes, a été touché par un incendie, évoquant également des départs de feu "à des dizaines d’autres endroits". Elle dénonce "la même violence" et "la même instrumentalisation politique", estimant que ces violences ne représentent pas la jeunesse française. "Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire", ajoute-t-elle.
La présidente de région, qui avait déjà fait état de dégradations dans plusieurs établissements des Pays de la Loire, appelle également à soutenir les policiers et les pompiers mobilisés face aux incidents. Son témoignage intervient alors que le mouvement lycéen s’est étendu ces derniers jours, avec des blocages et des violences dans plusieurs villes, tandis que les organisations lycéennes maintiennent leur appel à poursuivre la mobilisation ce jeudi 1er octobre.
Le lycée Mandela au cœur de Nantes brûle. Des feux à des dizaines d’autres endroits. Partout les mêmes casseurs. Partout la même violence. Partout la même instrumentalisation politique. Aucune revendication à satisfaire, juste la volonté de semer le chaos et de tout détruire. Ce… pic.twitter.com/JEX9jQjCfc
— Christelle MORANÇAIS (@C_MORANCAIS) October 1, 2026
Aux origines du mouvement, le blocage d’un lycée à Créteil, lié à une problématique locale de manque de moyens. Mais très vite, un syndicat, l’Union syndicale lycéenne, classée à l’extrême gauche, y voit une opportunité. Cette organisation se revendique antifasciste, écologiste et féministe.
Sa stratégie ? Élargir le mouvement aux autres lycées de banlieue parisienne, puis à l’ensemble du territoire. Et cela fonctionne, au point d’attirer l’attention de plusieurs autres associations d’ultra-gauche devant les établissements scolaires, comme Le Poing levé, un collectif étudiant anticapitaliste, révolutionnaire et marxiste, affilié au parti Révolution permanente. Retrouvez notre article ici.
Le blocus des lycées n’est-il pas un prélude à ce qui pourrait se passer en mai 2027 si Marine Le Pen accédait à l’Élysée ? Depuis le début du mouvement lycéen, de nombreux élus de La France insoumise ont apporté leur soutien aux élèves mobilisés. Pour Laure Lavalette, députée RN du Var et invitée de La Grande interview sur Europe 1 et CNEWS ce jeudi, "la violence et le chaos sont le mode opératoire de LFI". Retrouvez notre article ici.
Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l'Intérieur.
Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.
L'IGPN, la "police des polices", a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements, a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l'ordre sont intervenues "avec beaucoup de proportionnalité".