Environ 30.000 lycéens sont "privés de cours" en présentiel "pour plusieurs semaines" dans les 24 lycées qui ont été "incendiés ou saccagés" au cours du mouvement des lycéens, a affirmé mercredi le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray.
"Vingt-quatre lycées ont été incendiés ou saccagés de manière suffisamment importante pour qu'ils ne puissent pas rouvrir avant plusieurs semaines", a-t-il détaillé lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale.
"Ça veut dire qu'actuellement, on a 30.000 lycéens qui sont privés de cours en présentiel pour plusieurs semaines", a-t-il poursuivi, affirmant qu'il y avait néanmoins une "continuité pédagogique".
Ce mercredi, certains lycéens maintiennent la pression comme devant le lycée Condorcet, dans le 9e arrondissement de la capitale. Cet établissement, perturbé ce matin, a été débloqué. Alexis Bourdon s'est rendu sur les lieux pour Europe 1.
Devant les grilles du lycée Condorcet, les barrières et les poubelles ont finalement été retirées en fin de matinée. La centaine de jeunes qui bloquaient l'établissement a obtenu ce qu'elle était venue chercher. Une journée banalisée, autrement dit, pas de cours ce mercredi. Mais cette levée de blocus ne sonne pas à la fin de la mobilisation, préviennent ces élèves de terminale.
"Si on s'arrête d'un coup, même après les vacances, ça voudra juste dire que l'on n'était pas assez motivé. On aimerait leur faire comprendre que nous sommes sérieux et que nous n'allons pas lâcher tant que nous n'aurons pas ce que l'on voudra", expriment ces lycéens.
Preuve de cette détermination, les lycéens comptent bien revenir dès jeudi pour de nouveau bloquer l'établissement. Tous dénoncent des réponses inadaptées comme le temps de démocratie interne proposé par le gouvernement et réclament des moyens humains et matériels pour tous les lycées de France.
Les étudiants de Sciences Po Paris ont rejoint, par solidarité, le mouvement de mobilisation lycéenne, a déclaré une étudiante à Europe 1. Ce matin, de nombreux élèves ont bloqué l'accès à l'établissement, rue Saint-Guillaume, assis de manière pacifique.
Mais aux alentours de 13 heures, deux rangées de CRS ont prononcé la dernière sommation, exhortant les étudiants à libérer le passage. La plupart ont quitté la zone mais des centaines d'entre eux ont décidé d'occuper le boulevard Saint-Germain, où une barricade a été montée à l'aide de palettes et de poubelles.
Le face-à-face dure, avec des tensions et des slogans anti-police lancés par les étudiants. Ce mouvement rappelle les mobilisations pour la Palestine. Il y a deux ans, les étudiants avaient observé une minute de silence en soutien au peuple palestinien.
Un adolescent de 16 ans s'est grièvement blessé à une main mercredi matin devant un lycée de Strasbourg en manipulant un mortier, a-t-on appris de source policière et auprès de la préfecture.
L'accident a eu lieu devant le lycée Couffignal, dans le quartier de la Meinau. Le jeune homme s'est blessé "avec son propre tir de mortier" et a eu deux phalanges arrachées, selon la source policière.
Il a subi une "blessure grave à la main" et été pris en charge en "urgence absolue", a précisé de son côté la préfecture du Bas-Rhin, évoquant aussi une blessure auto-infligée.
Ce lycée avait été le théâtre d'importantes dégradations la semaine dernière : des élèves en colère - en particulier contre la vétusté des locaux - avaient brûlé des poubelles et cassé des abribus, ce qui avait entraîné la fermeture d'une ligne de tramway pendant plus de deux jours.
La mobilisation lycéenne "est en net recul" mercredi à la mi-journée, affirme le ministère de l'Education nationale, assurant que "neuf lycées sur dix fonctionnent normalement".
Au total, "459 établissements connaissent une suspension totale ou partielle des cours (276 totalement, 183 partiellement), contre 891" mardi, a précisé le ministère, soutenant que les "actions et perturbations reculent elles aussi de plus de moitié", avec "232 établissements concernés" depuis mercredi matin, contre 496 mardi à la même heure.
Plusieurs syndicats de l'Education - le Snes-FSU, la CGT, FO et Sud - ont appelé à une journée de grève et de manifestations jeudi, en soutien à la mobilisation des lycéens, ont-ils annoncé mercredi lors d'une conférence de presse.
"Nos cinq organisations seront en soutien à la mobilisation" de jeudi, a déclaré Sophie Vénétitay, secrétaire générale du SNES-FSU, premier syndicat du secondaire au nom de la CGT, de FO, Sud et de l'Unsa.
Une enquête a été ouverte pour "tentative de meurtre" après la plainte déposée contre un policier par un lycéen interpellé à Belfort, a indiqué mercredi le parquet de Vesoul, qui a confié les investigations à l'inspection générale de la police nationale (IGPN).
"Afin de garantir l'impartialité objective de l'enquête", cette procédure a été "dépaysée" de Belfort à Vesoul "comme il est d'usage lorsque le mis en cause est en relation habituelle avec les magistrats et fonctionnaires d'un tribunal", a précisé dans un communiqué le procureur de Vesoul, Arnaud Grécourt.
Selon l'avocat du lycéen, Arié Alimi, le policier, chef du renseignement départemental, aurait essayé de noyer le jeune homme - âgé de 17 ans et de nationalité bulgare - alors qu'il tentait de l'interpeller vendredi aux abords du ruisseau "la Savoureuse", après l'avoir identifié comme l'auteur de jets de projectiles et de feux de poubelles.
"La parole lycéenne est précieuse et doit être entendue", elle nourrira "un plan d'action concret", a promis Sébastien Lecornu au lendemain d'une mobilisation massive des lycéens qui appellent à poursuivre leur mouvement pour réclamer notamment davantage de moyens.
"Après les manifestations d'hier, place aujourd'hui à un temps de dialogue 'Temps Lycéens' dans chaque lycée pour permettre aux élèves d'exprimer leurs difficultés et leurs propositions", a ajouté sur X le Premier ministre en invitant toutefois les élèves à revenir en cours, car "le retour en classe et le dialogue doivent aller de pair".
Ce temps d'échange s'ajoutera à une consultation nationale nommée "Lycéennes, lycéens : vous avez la parole", et toutes ces contributions "nourriront un plan d'action concret", promet Sébastien Lecornu.
Environ 30.000 lycéens sont "privés de cours" en présentiel "pour plusieurs semaines" dans les 24 lycées qui ont été "incendiés ou saccagés" au cours du mouvement des lycéens, a affirmé mercredi le ministre de l'Education nationale Édouard Geffray.
"Vingt-quatre lycées ont été incendiés ou saccagés de manière suffisamment importante pour qu'ils ne puissent pas rouvrir avant plusieurs semaines", a-t-il détaillé lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale.
"Ca veut dire qu'actuellement, on a 30.000 lycéens qui sont privés de cours en présentiel pour plusieurs semaines", a-t-il poursuivi, affirmant qu'il y avait néanmoins une "continuité pédagogique". "Il y a un préjudice évidemment, qui est absolument énorme en termes de scolarité", a-t-il souligné.
Demander la suppression de la plateforme d'orientation post-bac Parcoursup est d'une "immense démagogie", a estimé le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste, se disant néanmoins prêt à faire "évoluer l'outil".
"J'entends quelques politiques, plutôt des extrêmes d'ailleurs, qui proposent de supprimer Parcoursup. Je pense qu'en disant ça, ils prennent vraiment les lycéens pour des truffes", a-t-il affirmé sur BFM. "Cette question est d'une immense démagogie". En revanche, a-t-il concédé, "il faut aussi faire évoluer l'outil". "Il y a des choses qu'on peut faire. Il y a des choses qu'on peut ouvrir, il faudra en discuter avec les organisations représentatives, avec tout le monde".
Beaucoup de lycéens disent mal vivre le processus de Parcoursup, accusé de sélection et de manque de transparence, entre autres.
Le ministre doit recevoir mercredi après-midi les organisations étudiantes. Les principales d'entre elles, la Fage, l'Union étudiante, l'Unef, ont signé une pétition listant 10 revendications, dont la fin de la "sélection via Parcoursup et Mon Master" et la "création de 250.000 places dans l'enseignement supérieur" ou encore la revalorisation des bourses. "On va regarder, on va discuter. La porte est ouverte", a-t-il répété, tout en prévenant qu'il ne ferait pas "aujourd'hui" un "chèque de 10 milliards, c'est pas comme ça que ça se passe."
Au lendemain d'une journée de mobilisation importante dans les rues, les cours ont repris mercredi dans la majorité des lycées avec toutefois quelques blocages, après une tentative du gouvernement d'apaiser la crise en proposant une demi-journée banalisée consacrée à des échanges sur les difficultés rencontrées par les élèves.
Selon des chiffres provisoires du ministère de l'Éducation nationale, 86% des établissements ont ouvert leurs portes mercredi matin. Les cours sont en revanche totalement ou partiellement suspendus dans 528 lycées, soit une baisse de 41% par rapport à mardi, journée de mobilisation nationale des lycéens.
À Paris, plusieurs établissements restent bloqués par des lycéens, comme à Hélène Boucher ou Voltaire où des poubelles bloquent à nouveau l'accès aux portes. L'université Sciences Po Paris est également bloqué par une barricade, selon un étudiant interrogé par l'AFP.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez annonce ce mercredi sur RTL la suspension de l'usage des grenades assourdissantes "pour le mouvement des lycéens" après la grave blessure d'un manifestant à Lens (Pas-de-Calais).
"Je suspends leur usage pour le mouvement des lycéens tant que la lumière n'a pas été faite sur ce qui s'est passé dans cette affaire", a expliqué le ministre de l'Intérieur sur RTL. L'inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", a été saisie de dix-huit enquêtes à ce stade, a également ajouté le ministre.
Sébastien Lecornu s'exprimera mercredi soir dans une allocution depuis Matignon sur "la situation dans les lycées, les prix des carburants, la crise agricole ainsi que la situation financière du pays", ont annoncé les services du Premier ministre.
Au lendemain d'une mobilisation massive dans les rues, le gouvernement tente d'apaiser le mouvement lycéen alors qu'une nouvelle journée de manifestations est annoncée jeudi. Emmanuel Macron a fait un point mardi soir avec plusieurs ministres, dont Sébastien Lecornu, Laurent Nuñez et Édouard Geffray, pour tenter de trouver une issue à la crise.
À Paris, les spécialistes du maintien de l'ordre anticipent déjà la gestion des ressources humaines jusqu'à la présidentielle. "Il va falloir s'économiser", rapporte un gradé, peut-être même jusqu'à après la présidentielle. Depuis le début de la mobilisation lycéenne, les forces de l'ordre ont été très utilisées : 6.547 interpellations depuis le 28 septembre, 43 policiers et gendarmes encore blessés ce mardi. Retrouvez notre article ici.
Demander d'organiser une demi-journée banalisée présentée par le gouvernement comme "un temps de démocratie interne" dans les prochains jours est "irrespectueux" envers les proviseurs et témoigne d'une "cacophonie", selon les principaux syndicats des chefs d'établissements.
"C'est une cacophonie complète", insiste auprès de l'AFP Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du principal syndicat de chefs d'établissements, le SNPDEN-Unsa.
"On ne le mettra pas en oeuvre ni demain, ni après-demain. On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d'autant que les établissements sont plus ou moins chahutés", a-t-elle ajouté, soulignant que les "temps démocratiques on sait les organiser, mais pas tout en même temps".
Quelque 266.000 manifestants, lycéens, étudiants, mais aussi professeurs, parents et syndicalistes, ont été recensés par le ministère de l'Intérieur dans une trentaine de manifestations, dont 56.000 à Paris. Les organisations lycéennes et étudiantes, apuyées de la CGT, ont comptabilisé 450.000 personnes dans l'Hexagone, 100.000 dans la capitale.
Avec 266.000 à 450.000 manifestants partout en France, les lycéens ont fait entendre leurs revendications mardi, déterminés à poursuivre la mobilisation malgré l'appel du gouvernement à retourner dès mercredi dans leurs établissements pour dialoguer.
"On sent que ça change parce qu'il y a des gens de banlieues, des gens de Paris, des gens du privé, des gens du public, de toute religion, de toutes origines qui viennent (...) Ca nous réunit parce qu'on sent qu'il y a besoin de changement", a dit à l'AFP Diane, élève de 1ère à Paris au lycée privé Massillon.
Face à une crise désormais installée, Emmanuel Macron avait programmé un point avec plusieurs ministres en soirée.