Émeutes du 17 octobre : «On a franchi un cap et c'était prévisible», regrette Laurent Obertone

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[DIMITAR DILKOFF / AFP]

Invité de Dimitri Pavlenko dans Europe 1 matin, l'écrivain Laurent Obertone est revenu sur les émeutes survenues durant le week-end. Il estime que les violences observées étaient prévisibles et qu'elles révèlent une dégradation profonde de la situation sécuritaire en France.

Face aux images de pillages, d'attaques de mairies et de violences contre les forces de l'ordre survenues ce week-end, Laurent Obertone ne dit pas avoir été surpris. "Oui, on a franchi un cap et oui c'était prévisible. Donc deux fois oui.", explique-t-il dans Europe 1 matin. Pour l'écrivain, les événements du week-end constituent une nouvelle étape dans un phénomène qu'il affirme observer depuis plusieurs années. Il évoque également l'incompréhension d'une partie de l'opinion publique face à l'ampleur des dégradations et s'interroge sur la capacité des autorités à les anticiper. "Le gouvernement n'a-t-il pas prévu réellement de telles dégradations ? Et si c'est le cas, c'est catastrophique et ça exige une refonte intégrale du renseignement et surtout des doctrines de maintien de l'ordre", affirme-t-il.

L'auteur de La France démolition Man développe ensuite une critique plus large de l'action de l'État. "Moi je répète depuis des années que l'État est en faillite sur le plan de la sécurité", déclare-t-il, avant d'évoquer "un niveau historique des violences aux personnes", des "tentatives d'homicide" et "un sentiment d'impunité massif". Selon lui, le débat doit désormais porter sur la capacité de l'État à assurer la sécurité des citoyens. "Ces choses doivent être posées sur la table. Le débat doit exister parce que si l'État n'est pas capable d'assurer notre sécurité...", poursuit-il. Pour Laurent Obertone, les émeutes du week-end illustrent ainsi une situation qu'il juge installée de longue date et dont les conséquences seraient désormais pleinement visibles.