À trois semaines du premier tour des élections municipales, la présence de La France insoumise sur certaines listes d’union à gauche crée des tensions. À Antony, une liste transpartisane rassemblant socialistes, écologistes et insoumis met plusieurs électeurs dans l’embarras, sur fond de polémique nationale après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque.
Depuis plusieurs jours, La France insoumise (LFI) est vivement critiquée par une partie de la classe politique après la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Dans ce climat tendu, certains ténors du Parti socialiste appellent à couper les ponts avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
Mais sur le terrain, la réalité est plus nuancée. À Antony, une liste transpartisane de gauche a été constituée pour les municipales. Une stratégie d’union qui ne fait pas l’unanimité chez les électeurs.
"J’attends que ça se précise, mais sans alliance avec LFI"
Geneviève habite Antony depuis 22 ans. Cette électrice de gauche a bien reçu la profession de foi de la liste transpartisane. Pourtant, elle hésite. "J'attends un peu qu'à gauche ça se précise, mais sans alliance avec LFI."
La présence d’élus ou de militants insoumis sur la liste est, pour elle, un frein. Un revirement notable, alors qu’elle avait voté pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.
"Plus que LFI sous sa forme actuelle, c'est le leader qu'est Jean-Luc Mélenchon qui me dérange. Ce n'est même plus un leader, ce n’est même plus un parti, c’est une secte. Pas avec la violence avec laquelle ils traitent leurs propres adhérents. Ça n’est plus un parti fréquentable pour moi."
"Ça me freine un peu"
Même malaise chez Isabelle. Touchée par la mort de Quentin Deranque, elle dit voir désormais LFI comme "un parti dangereux". Elle envisageait de voter pour les écologistes, mais la présence du logo insoumis sur la liste commune l’a fait douter.
"Ça me freine un peu. S'il y avait eu une seule liste pour les écolos, j'aurais voté pour eux, c'est dommage." Un sentiment partagé par d’autres habitants, comme Florent, 65 ans, qui redoute même une victoire de cette liste dans la commune.
Le vote blanc comme refuge
Faute d’une offre politique claire à gauche, certains électeurs envisagent de voter blanc au premier tour des municipales.
À Antony, l’union voulue par les états-majors locaux se heurte ainsi aux réticences d’une partie de son électorat. À quelques semaines du scrutin, la gauche locale joue une partition délicate : rassembler sans diviser davantage.