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Drame à Sanary-sur-Mer : pourquoi certains adolescents basculent-ils dans l'ultraviolence ?

Drame à Sanary-sur-Mer : pourquoi certains adolescents basculent-ils dans l'ultraviolence ? [Miguel MEDINA / AFP]

Après l’agression d’une enseignante par un élève de 3e dans le Var, la question du passage à l’acte chez les mineurs se pose à nouveau. Comment expliquer que de plus en plus d’adolescents ont recours à l’ultraviolence pour gérer leur frustration ?

Mardi 3 février, à Sanary-sur-Mer, une professeure d'arts plastiques a été poignardée par l'un de ses élèves. Le collégien a expliqué en garde à vue être passé à l’acte car il avait “trop de haine”, après des reproches que lui avait fait son enseignante. 

Si ce drame n'est malheureusement pas isolé en France, il met en lumière une réalité brutale : l'incapacité croissante de certains adolescents à gérer leurs contrariétés autrement que par la violence extrême.

Une enfance baignée par la violence intrafamiliale


Pour comprendre ces comportements, il faut souvent remonter aux toutes premières années de vie. Les chiffres sont édifiants : 80 % des mineurs ultra-violents ont été exposés à des violences conjugales avant l'âge de deux ans. À cet âge, le cerveau de l'enfant absorbe tout ce qu'il voit sans pouvoir l'analyser.

"À un âge où ils n’avaient pas le langage pour prendre de la distance, des images se sont imprimées dans leur cerveau", explique Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne et voix d’Europe 1. "Elles reviennent ensuite en pilotage automatique et conduisent le jeune, à la moindre frustration, à jeter quelqu’un par la fenêtre ou à poignarder." 

Le manque de cadre : l'autre facteur de bascule

Au-delà des traumatismes subis, un autre paramètre entre en compte : l'évolution des modèles éducatifs. La psychologue pointe du doigt une éducation parfois devenue trop permissive, où les parents, culpabilisés par l'idée d'être autoritaires, n'osent plus poser de cadre.

L'absence d'interdit est pourtant perçue par les spécialistes comme une forme de maltraitance, car elle laisse l'enfant sans boussole face à ses propres émotions. Résultat : une fois arrivé au collège, cet adolescent se retrouve incapable de supporter la moindre règle ou le moindre reproche. 

Dans ce contexte, l'école, lieu de limites par excellence, devient le théâtre d'une explosion de violence que rien ne semble plus pouvoir freiner.