Sanary-sur-Mer reste sous le choc après l’agression au couteau d’une enseignante d’arts plastiques par un élève de 14 ans. La professeure, grièvement blessée, est dans un état stable. Une cellule psychologique a été mise en place au collège La Guicharde.
Sanary-sur-Mer, toujours sous le choc. L’enseignante d’arts plastiques de 60 ans qui a été agressée mardi est dans un état stable mais très préoccupant. L’auteur des faits est âgé de 14 ans. Il n’est pas connu des services de police, mais était suivi par un juge des enfants pour des difficultés familiales.
Le jeune adolescent a asséné quatre coups de couteau à la victime alors qu’il entrait dans la salle de classe. Un geste "prémédité", car il avait "trop de haine" à son égard : c’est ce qu’il a affirmé aux enquêteurs, selon le procureur de Toulon, ce mercredi matin. Dès mardi, le ministre de l’Éducation nationale s’est rendu sur place, au collège La Guicharde. Ce mercredi, il n’y avait pas de cours, mais des psychologues sont présents et le resteront sur place.
Des élèves traumatisés
L’ambiance est pesante devant l'établissement qui accueille habituellement 500 élèves. Ce mercredi matin, ils ne sont que quelques dizaines, souvent accompagnés de leurs parents, à être venus rencontrer les psychologues de la cellule d’écoute mise en place.
"C’est important qu’il en parle, qu’il extériorise. Je pense qu’à cet âge-là, il faut évacuer", réagit la mère d’un élève. Ce dernier assure avoir été "traumatisé". "Quand j’ai descendu les escaliers, j’ai vu la prof en sang, par terre, dans sa salle", raconte-t-il au micro d’Europe 1.
"Je suis très ému et très en colère"
En garde à vue, l’adolescent a dit regretter son geste et reconnaît avoir "prémédité" l’agression de sa professeure. Il lui reproche d’avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l’application Pronote et estime que c’est injuste.
Selon certains collégiens, l’adolescent de 14 ans avait fait part de son envie de passer à l’acte. "Ses camarades de classe sont mes amis. Ils ont dit qu’apparemment, il en parlait depuis quelques semaines ou quelques mois", témoigne un élève.
En début de matinée, le ministre de l’Éducation est venu soutenir les enseignants et les personnels du collège. "Je suis très ému et très en colère aussi, parce que ce n’est pas acceptable et parce qu’il faut que nous travaillions collectivement à une réponse qui nous permette d’éradiquer ce fléau de la violence interpersonnelle", insiste Édouard Geffray, ajoutant que la cellule psychologique restera en place tant qu’il le faudra.