Éventail et liaison dangereuse : d'où vient l'expression "en faire tout un pataquès" ?

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Les origines de l'expression remontent au XVIIIe siècle. 2:08
Les origines de l'expression remontent au XVIIIe siècle. © Creative commons
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Chaque jour, dans "Historiquement vôtre", Stéphane Bern propose de découvrir les origines des expressions que l'on utilise au quotidien sans forcément savoir d'où elles viennent. Mercredi, l'animateur se penche sur l'origine de "en faire tout un pataquès", que l'on doit à un grammairien du 18e siècle.

Chaque jour, dans Historiquement vôtre, Stéphane Bern propose de découvrir les origines des expressions que l'on utilise au quotidien. Lundi, l'animateur revient sur "en faire tout un pataquès", locution dérivée d'une blague datant du 18e siècle. Ou quand un défaut de prononciation permet d'inventer de nouveaux mots.

Ces femmes qui en faisaient trop

L'expression "en faire tout un pataquès", qui signifie "en faire trop" ou "en faire toute une histoire", trouve son origine dans une blague du 18e siècle. La voici : un homme était au théâtre, assis à côté de deux dames très apprêtées, aux toilettes extrêmement - voire exagérément - soignées. Les deux spectatrice parlent fort, et se donnent en spectacle.

Mais d'un coup, l'homme trouve un éventail et demande à la première : "Madame, il est à vous ?" Ce à quoi l'intéressée répond : "non, il n'est point à moi." Le jeune homme se tourne vers la deuxième : "Est-il à vous ?" Même réponse : "non, il n'est pas-t-à mois ". Le jeune conclut en disant : "s'il n'est point à vous ni à vous, je ne sais pas-t-à qu'est-ce !", se moquant de la faute de prononciation de sa voisine...

"Pas-t-à qu'est-ce" deviendra " pataquès" et c'est ainsi qu'une liaison dangereuse a donné naissance à une expression : "en faire tout un pataquès". Rien ne permet d'assurer de l'authenticité de cette histoire, mais elle nous vient d'un grammairien, François-Urbain Domergue, qui n'a pas manqué là de faire un bon rappel de prononciation. "En faire tout un pataquès" peut donc aussi être utilisé pour souligner une faute de liaison chez son interlocuteur.

Europe 1
Par Stéphane Bern