Don d'organes : "Mon cœur était quasiment mort, donc c'était la greffe ou rien"

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Image d'illustration. © JIJI PRESS/Archives / AFP
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A l'occasion du lancement ce lundi d'une campagne de sensibilisation aux dons d'organes, Sébastien, greffé du cœur, détaille ce passage compliqué de sa vie.

Il faut plus de donneurs d'organes. C'est le message de cette campagne de sensibilisation organisée par l'Agence de biomédecine lancée lundi, quelques jours avant la Journée nationale du don et de la greffe d'organes du 22 juin. Car si l'année 2017 a vu pour la première fois la barre des 6.000 greffes franchie en France, soit six fois plus qu'il y a 30 ans, c'est toujours insuffisant pour répondre aux 24.000 patients qui attendent un organe. La greffe permet aux receveurs de gagner des années entières de vie rappelle l'Agence de biomédecine. Comme pour Sébastien, 48 ans, greffé du cœur l'an dernier.

"La greffe ou rien". C'est en 2004 que Sébastien apprend son anomalie cardiaque : seule la moitié de son cœur fonctionne. Il va vivre 13 ans avec un défibrillateur implanté sous la peau. Mais en novembre dernier, tout bascule : il fait un arrêt cardiaque. "De toute façon mon cœur était quasiment mort, donc c'était la greffe ou rien", explique-t-il au micro d'Europe 1. "La veille au soir, je pense que l'on m'a mis sur la liste urgente pour la greffe d'un cœur. Et j'ai été greffé le premier novembre, quelques heures à peine après avoir été inscrit sur cette liste", dévoile-t-il.

20 cachets par jour. Mais une greffe est une opération très lourde, Sébastien doit attendre deux semaines après l'opération pour simplement pouvoir à nouveau marcher. Et ce n'est que le début : s'ensuit une longue période de rééducation intensive avec cinq heures de sport par jour. Après quelques mois, il peut ensuite reprendre son travail de commercial. Ce n'est seulement que six mois après l'opération que Sébastien peut de nouveau vivre presque normalement.

"Je n'ai plus cette épée de Damoclès que j'avais auparavant, il n'y a plus ce risque de mort subite et je vis beaucoup mieux", analyse-t-il. "J'ai tout de même revu mes priorités : j'ai remis mon épouse, mon fils, ma famille au centre de mes préoccupations et je relativise beaucoup plus. J'apprécie la vie d'une manière différente et je la vis un peu plus intensément". Seul trace visible de sa greffe du cœur, Sébastien doit prendre vingt cachets par jour, pour la plupart des médicaments anti-rejet.

Europe 1
Par Benjamin Lévêque, édité par Ugo Pascolo