Disparition de Maurice Audin : "il y en a des milliers et des milliers comme lui"

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Pierre Audin, le fils du mathématicien communiste torturé par l'armée française en Algérie, a réagi à la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître la responsabilité de l'Etat dans sa disparition, jeudi sur Europe 1. 
INTERVIEW

"61 ans après, c'est bien de reconnaître que c'est comme ça que ça s'est passé". Pierre Audin, fils de Maurice Audin, mathématicien communiste militant de l'indépendance de l'Algérie, a réagi à la décision d'Emmanuel Macron de reconnaître la responsabilité de l'État français dans la disparition de son père, jeudi sur Europe 1.  

Disparition de Maurice Audin : "il y en a des milliers et des milliers comme lui"

"On arrête qui on veut". "J'avais à peu près un mois quand mon père a été arrêté", explique Pierre Audin. "Maintenant, je suis retraité...". La disparition de Maurice Audin, arrêté le 11 juin 1957, est l'une des plus mystérieuses de la guerre d'Algérie. Sa trace avait été perdue dix jours après son interpellation, sans qu'aucune explication ne soit donnée, si ce n'est "son évasion au cours d'un transfert". Son corps n'a jamais été retrouvé.

Pour Pierre Audin, la décision d'Emmanuel Macron est "un pas en avant". "Le président de la République reconnaît la responsabilité de l'État dans le système qui a été mis en place à l'époque : on arrête qui on veut, on interroge avec les méthodes qu'on veut, en particulier la torture de façon assez générale", estime-t-il.

"Savoir ce qui s'est passé". "Depuis le début, il ne s'agit pas d'un combat égoïste juste pour savoir ce qu'il s'est passé concernant Maurice Audin. Il s'agit de savoir ce qui s'est passé le concernant parce qu'il y en a des milliers et des milliers comme lui", ajoute le fils du mathématicien. "Je pense que c'est important, mais c'est dommage qu'il ait fallu attendre jusqu'à maintenant."

 

Emmanuel Macron demande "pardon". Le chef de l'Etat a demandé "pardon" à la veuve de Maurice Audin en venant lui remettre jeudi une déclaration reconnaissant que ce dernier était mort sous la torture du fait d'un "système légalement institué" alors en Algérie par la France. "C'est à moi de vous demander pardon, donc vous ne me dites rien. On restaure un peu de ce qui devait être fait", a dit Emmanuel Macron à Josette Audin lorsque celle-ci a voulu le remercier pour cette déclaration à son domicile de Bagnolet (Seine-Saint-Denis).