En plein scandale du périscolaire parisien, plusieurs professionnels réclament que des mesures soient prises pour endiguer le phénomène de violences, notamment sexuelles. Et notamment celle d'un recrutement plus minutieux.
"Petit humain, grands droits". A l’appel de la Cofrade (conseil français des associations pour les droits de l’enfant), quelque 300 personnes ont manifesté, samedi dernier à Paris, pour dénoncer les violences et violences sexuelles faites aux enfants. Des marches ont aussi eu lieu à Nice, Bayonne, Fort-de-France ou Montpellier.
En plein scandale du périscolaire parisien, 78 animateurs suspectés de violences ont été suspendus ces cinq derniers mois dans la capitale, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. Une centaine d’enquêtes sont ouvertes.
"Un BAFA est complètement inadapté"
“A cor et à cri, nous demandons plus de formation pour nos animateurs", clame Eric Leclerc, alors que la formation et le recrutement des animateurs sont lacunaires. Selon les estimations de ce directeur du périscolaire d’une école parisienne, pas plus de 5% des agents de la ville auraient un diplôme, 50% n'ayant qu'un simple brevet, le BAFA.
“C'est un brevet qui a été créé il y a fort longtemps pour encadrer dans des centres de vacances ou pendant les colos, ce genre de choses. Quand on parle de professionnels de l'animation qui travaillent dans le périscolaire toute l'année, un BAFA est complètement inadapté”, ajoute ce dernier.
Si aucune formation n’empêche un prédateur sexuel de passer à l’acte, ce militant syndical rappelle qu'une attitude professionnelle évite certaines situations suspicieuses.
"Je suis pour le fait qu'on évite les contacts physiques avec les enfants, mais pour une raison aussi éducative. On est l'animateur, le directeur, on n'est pas le tonton, le papa ou la maman [...] Et c’est aussi très compliqué de mettre en avant une matérialité des faits en cas d’agression. Donc oui, ça éviterait des suspicions”, conclut-il.
Des tests psychologiques ?
Un recrutement minutieux pourrait également éviter des drames, explique Myriam, directrice adjointe du périscolaire d’une autre école et ex-collègue de David G., jugé mardi dernier pour agressions sexuelles sur neuf enfants.
"Aujourd’hui, on parle d'un entretien qui va durer 10-15 minutes. Le futur animateur ou la future animatrice va répondre à quelques questions. ‘Qu'est-ce que tu ferais s'il y a un conflit entre des enfants ?’, par exemple. Il va peut-être répondre parfaitement, mais ça ne fait pas de lui un futur bon animateur. Il faudrait faire, pourquoi pas, passer des tests psychologiques, comme cela se fait dans différents métiers", soutient-elle.
Ces professionnels, qui disent se tenir du côté des familles et des victimes, espèrent en tout cas qu'il y aura "un avant et un après".