Dans la Drôme, une "réserve de vie sauvage" pour préserver la biodiversité

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Depuis sept ans, l’Aspas, une association de protection de l’environnement, rachète des terrains dans la Drôme pour y interdire toute activité humaine. De nombreux animaux y élisent à nouveau domicile.
REPORTAGE

La forêt, un immense lac et aucun bruit de moteur. A Châteauneuf-sur-Rhône, dans la Drôme, la nature reprend doucement ses droit. Ici, toute activité humaine a été interdite par l'Aspas, l'association pour la protection des animaux sauvages, propriétaire de 60 hectares de terrain sur la commune. Dans cette réserve, la chasse, la pêche, la cueillette, les pique-niques sont interdits. On ne touche pas non plus aux grosses branches d'arbres tombées au milieu d'un chemin.

Des loutres, des castors, des faucons...

"Si la nature a décidé de faire tomber cette branche au sol, c'est son droit le plus strict et on va la laisser en place", explique Clément Roche, le coordinateur de la réserve. "Il y a cette expression qui dit : 'l'arbre mort, c'est la vie' car une fois que l'arbre meurt il accueille des insectes qui mangent le bois. Ces insectes vont attirer les oiseaux et les oiseaux vont attirer leurs prédateurs. En fait, c'est tout un écosystème et tout un cycle qui va se remettre en place", précise Madline Ruben, la directrice de l’association.

Ce fonctionnement a un objectif : permettre à la faune de revenir sur ces terres. Et ça marche. Depuis la création il y a sept ans de ce que l'association appelle "réserve de vie sauvage" les animaux se sont multipliés. Outre les colverts, des faucons, des milans noirs, des castors et des loutres ont été observées.

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"Une vraie réponse à cette perte de biodiversité"

Quelques jours après la publication d'un rapport alarmant sur les espèces en voie de disparition, l’Aspas espère montrer la voie. "Créer des réserves de vie sauvage, c'est une vraie réponse à cette perte de biodiversité", souligne Madline Ruben. "On va préserver ce qu'il reste encore à préserver et ça c'est une manière positive de protéger la nature". 

L'association a développé cinq réserves comme celles-ci en France, mais elle est en train d'en créer deux autres. Reste que pour instaurer des règles aussi strictes, il faut être propriétaire du terrain et donc avoir des fonds. Pour rendre ses droits à la nature, l’Aspas, qui ne bénéficie d'aucune subvention de l’Etat, ne peut donc que compter sur les dons des particuliers.

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Europe 1
Par Pierre Herbulot, édité par Clémence Olivier