La ville de Corbeil-Essonnes soulagée de pouvoir juger les années Dassault

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Jean-Pierre Bechter (à gauche), au côté de Serge Dassault. 1:23
Jean-Pierre Bechter (à gauche), au côté de Serge Dassault. © FRANCOIS GUILLOT / AFP
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L'affaire des "achats de voix" à Corbeil-Essonnes arrive lundi devant le tribunal correctionnel à Paris. L'ancien maire Jean-Pierre Bechter est notamment soupçonné d'avoir eu recours à un "clientélisme généralisé" pour assurer son élection, grâce aux millions de son colistier Serge Dassault.
REPORTAGE

Plus de dix ans après les faits, le procès des "achats de voix" à Corbeil-Essonnes s’ouvre lundi devant le tribunal correctionnel à Paris. Sur le banc des accusés : le maire sortant, Jean-Pierre Bechter, également ex-bras droit de Serge Dassault, et cinq autres personnes. Ils sont soupçonnés d'avoir participé à un vaste système d'achat de voix alimenté par les millions de Serge Dassault. Aux dernières élections, Bruno Piriou (maire DVG) l'a emporté. Mais la commune reste marquée par le scandale et nombreux sont les habitants qui souhaitent que justice soit faite.

"Ce climat où l’on ne se sent plus en liberté"

Claire feuillette une pile de documents qui s’entassent sur la table de son salon : ordonnance de renvoi, articles de presse, etc. Cette habitante sera partie civile. Avec ce procès remontent toute une série de souvenirs. Elle évoque des années d’irrégularités, de soupçons de fraude et un climat d’intimidation qui s’invitait jusque dans les bureaux de vote à l'heure du dépouillement. "On entendait parler d’achat de voix, de bulletins dans l’urne... Je me rappelle ce climat où l’on ne se sent plus en liberté", raconte-t-elle.

Replonger dans les années Dassault, c’est aussi évoquer ces histoires d’enveloppes en liquide qui passent de main en main, ce que le parquet financier définit comme "un clientélisme généralisé". Nouveau maire de Corbeil-Essonnes, Bruno Piriou s’est battu contre ce système pendant 25 ans. "La ville sort abimée de cette affaire. Il faut que ce procès nous dise que la vie politique ne peut pas être l’affaire d’hommes qui, de par leur puissance, pourraient penser qu’ils peuvent le bonheur des gens", explique-t-il. "Il faut que la justice passe et que ceux qui ont triché réparent."

Europe 1
Par Nicolas Feldmann, édité par Romain David