Environnement : pourquoi Yann Arthus-Bertrand est (plutôt) optimiste

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Convention citoyenne pour le climat : "J'y crois absolument", assure Yann Arthus-Bertrand 2:21
Convention citoyenne pour le climat : "J'y crois absolument", assure Yann Arthus-Bertrand © Éric FEFERBERG / AFP
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"Une économie forte, écologique, souveraine et solidaire". Voici la priorité énoncée par le président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution dimanche soir. Pour Yann Arthus-Bertrand, président de la Fondation Goodplanet, l'espoir réside dans le travail de la Convention citoyenne pour le climat. 
INTERVIEW

Les 150 Français tirés au sort membres de la Convention citoyenne pour le climat doivent présenter le week-end prochain leurs propositions pour lutter contre le réchauffement climatique. Un véritable enjeu, alors qu'Emmanuel Macron annonçait dimanche lors de son allocution vouloir reconstruire "une économie forte, écologique, souveraine et solidaire". "Tous ces gens qui ne connaissaient rien à l'écologie, cela va transformer leur vie. Et le rapport qu'ils vont rendre peut, peut-être, transformer la vie des français", se réjouit sur Europe 1 Yann Arthus-Bertrand, président de la fondation Goodplanet. 

"J'y crois absolument"

Il juge "formidable" la création de cette instance par le président de la République. Une idée née de la crise des Gilets jaunes, dont la première réunion s'est tenue en octobre dernier. 150 personnes, venues de toute la France et de tout âge, ont ainsi été tirés au sort pour travailler sur la question suivante : "Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 - objectif officiel de la France - dans un esprit de justice sociale ?" Ils ont pour cela été entourés de scientifiques, d'experts sur le sujet. 

Yann Arthus-Bertrand est enthousiasmé par leurs propositions, notamment la modification de l'article 1 de la Constitution. "Ils voudraient rajouter le mot 'solidaire' entre les générations pour parler du changement climatique, et écologique dans la définition de la République", explique-t-il. "Ce qui veut dire qu'il y aurait un référendum là-dessus et c'est quelque chose de très important qu'a lancé Macron, c'était une idée de Nicolas Hulot et de Cyril Dion. J'y crois absolument". Les membres de la Convention ont également travaillé sur le travail, le logement, les déplacements ou encore la façon de consommer. 

Pour le président de la fondation Goodplanet, il est important d'agir dès maintenant, sans laisser la responsabilité aux jeunes générations du sort de la planète. "Il ne faut pas compter sur la jeune génération pour changer le monde, il faut d'abord le faire nous-même. Ce serait malhonnête de demander aux enfants de faire ce qu'on n'est pas capable de faire", assure-t-il.

"Tout le monde a envie que ça change"

Pour alerter sur l'urgence de la situation climatique, la Fondation Goodplanet a lancé une campagne de dons, afin de soutenir différents projets de protection de l'environnement en cours, mis à mal par le confinement. Une période sanitaire qui a, selon Yann Arthus Bertrand, décuplé le besoin d'un retour à la nature, notamment dans la volonté de verdir les villes. "Il y a beaucoup à faire, et c'est dans le sens de l'Histoire", constate-t-il. "Tout le monde a envie que ça change."

Il reste cependant lucide sur la situation économique actuelle, qui nécessite une relance rapide. "On a bien senti chez le président une vraie inquiétude sur la reprise économique. Il a même parlé du mot faillite, ce qui est rare. Et je pense que préserver les emplois, les entreprises, le pouvoir d'achat, tout cela doit être la priorité. Et je pense que l'écologie, et c'est normal, sera peut-être mis un peu sous le tapis."

Europe 1
Par Mathilde Durand