Comment naissent les théories du complot ?

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Des théories complotistes ont rapidement fait leur apparition sur les réseaux sociaux après l'attentat de Strasbourg. Fabrice Epelboin, spécialiste des réseaux sociaux, explique ce phénomène au micro de Wendy Bouchard sur Europe 1.
LE TOUR DE LA QUESTION

"Attentat créé de toutes pièces", "je n'y crois pas une seule seconde", "Macron a trouvé le moyen d'arrêter le mouvement". Il n'a pas fallu attendre bien longtemps après la nouvelle de l'attentat de Strasbourg, mardi soir, pour voir fleurir ce genre de messages sur les réseaux sociaux. Les internautes qui les ont relayés y voyaient dans la fusillade qui a fait au moins trois morts, un moyen pour le gouvernement d'éteindre la crise des "gilets jaunes". 

"N'importe qui peut imaginer une telle théorie." Au-delà de la rapidité à laquelle ces théories complotistes ont vu le jour, la question est de savoir comment elles sont apparues. Et il est difficile de savoir qui a allumé la première mèche de cet incendie de rumeurs. "N’importe qui peut imaginer une telle théorie et ce genre de théorie arrive régulièrement suite à un attentat", explique Fabrice Epelboin, professeur à Sciences Po et spécialiste des réseaux sociaux, au micro de Wendy Bouchard sur Europe 1.

Selon lui, "ça va demander un peu temps de trouver le ou les coupables". Et "les sources" de ces rumeurs "sont sans doute multiples". "Il suffit de deux ou trois excités pour, tout à coup, donner une impression totalement faussée." Fabrice Epelboin précise par ailleurs que ce type de phénomène "est très caractéristique d'un environnement qui panique".

>> De 9h à 11h, c’est le tour de la question avec Wendy Bouchard. Retrouvez le replay de l’émission ici

"Une réaction plutôt saine" face à ces théories. Il est toutefois important de préciser que "l'écrasante majorité, au sein des 'gilets jaunes' comme ailleurs", ne partageait pas cette position. A ce propos, le spécialiste se félicite d'avoir constaté "une réaction plutôt saine" de la part de certains administrateurs de groupes "qui ont fermé les commentaires". "Au sein des groupes, il y a eu des réactions extrêmement virulentes pour ceux qui lançaient ce genre d’hypothèses, qui étaient traités de façon très, très dure par l’ensemble du groupe", tient-il également à rappeler.

Relayer une fausse nouvelle n'est pas sans risque. Comme l'a précisé Arnaud Dimeglio, avocat spécialisé en droit des nouvelles technologies, interrogé par Europe 1, "il existe dans la loi de 1881 un délit de fausse nouvelle". Un délit qui peut être puni d'une amende de 45.000 euros lorsqu'il trouble ou est susceptible de troubler l'ordre public.