Comment les industriels se préparent à incorporer davantage de matières recyclées dans leurs produits

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Avec le projet de loi "pour une économie circulaire" présenté mercredi, le gouvernement décrète la guerre au plastique et mise sur le recyclage et les consignes pour remporter la bataille contre le gaspillage. Les industriels ont six ans pour s'adapter et développer des emballages recyclables s'ils veulent échapper à des malus.

Brune Poirson mise sur le recyclage pour remporter la bataille contre le gaspillage. Mercredi, la secrétaire d'Etat présente son projet de loi pour une économie circulaire en Conseil des ministres. Son objectif : atteindre 100 % de plastique recyclé en 2025 contre 26 % actuellement. 

Les industriels ont six ans pour s'adapter, s'ils veulent échapper à des malus. "On est noyés sous les emballages plastiques avec une bonne partie qui ne sont pas recyclés. L'incitation à produire des emballages recyclables semble être une bonne mesure", estime Benoit Jourdain, vice-président de l'association Amorce.

"Il faut que les consommateurs acceptent de payer parfois un peu plus cher"

Pour autant, la tâche n'est pas aisée. Les industriels doivent trouver de nouveaux matériaux, les fabriquer, changer les machines dans les usines, former le personnel. Et tout cela a un coût. Nestlé a ainsi investi plusieurs millions d'euros pour développer un emballage carton pour son produit phare du petit déjeuner, le Nesquik. "Parfois le matériau est plus compliqué à fabriquer. Si l'on innove, il faut que les consommateurs acceptent de payer parfois un peu plus cher les produits", estime le responsable du développement durable chez le géant suisse, Jean-Manuel Bluet.

Les commandes d'emballage carton explosent

Une filière tire toutefois son épingle du jeu, celle de l'emballage carton dont les commandes explosent depuis 6 mois. "On voit apparaître beaucoup de demandes de la part des industriels et des distributeurs pour passer d'emballages plastiques avec des emballages plus durables comme le carton qui est à base de cellulose qui est davantage naturel,  explique Armand Chaigne, de la société d'emballage DS Smith. "Ça pousse notre filière à innover sur ces solutions là qui ont été mises en veille pendant de nombreuses années car le plastique était plus compétitif que le carton". 

Un système de notation pourrait faire son apparition sur les emballages pour signaler si l'entreprise respecte ou non les objectifs fixés par le gouvernement.

Europe 1
Par Maud Descamps, édité par Clémence Olivier