Comment les chercheurs ont sauvé les pins des plages landaises

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La régénération de plus de 100.000 hectares de forêt dunaire était menacée. (Photo d'illustration) © NICOLAS TUCAT / AFP
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Des chercheurs ont mené une enquête longue de trois ans pour identifier ce qui empêchait les jeunes pousses des pins de pousser sur les plages landaises Ils sont parvenus à identifier un coupable, et des complices.  

Qu'est-ce qui empêche les pins qui bordent les plages landaises de pousser ? C'est pour répondre à cette question que des chercheurs de l'Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), de l'Office national des forêts (ONF), et de l'université de Bordeaux, se sont lancés dans une véritable enquête, façon "police scientifique", pour identifier les coupables. D'autant que l'enjeu est de taille : c'est la régénération de plus de 100.000 hectares de forêt dunaire qui est menacée. Pendant trois ans, ils ont donc arpenté les forêts autour de Biscarrosse pour comprendre pourquoi, dans ce secteur, de nombreux jeunes mouraient desséchés ou disparaissaient.

"Un coupable et un complice"

"On n'avait rien de suspect, et ça pouvait être lié à la météo ou à des nouvelles maladies émergentes", se souvient au micro d'Europe 1 Laurent Augusto, de l'Inrae. Mais après des milliers de prélèvements, l'étau s'est resserré. "Ce qu'on a trouvé, c'est qu'il y avait un coupable et un complice", explique-t-il. "Le coupable, c'est probablement le changement climatique dans le secteur : les étés sont un peu plus secs et ça suffit à griller les jeunes plantules. Quant au complice, il s'agit de l'augmentation des animaux qui viennent manger les très jeunes arbres, notamment des cervidés."

Un effet parasol

Alors pour limiter la nuisance de ces derniers, les quotas de chasse ont été augmentés. Et pour contrer les effets de la chaleur, l'ONF a changé son fusil d'épaule en arrêtant les coupes rases avant de planter des graines. Les grands arbres deviennent ainsi des parasols à l'ombre desquels les jeunes pousses peuvent s'épanouir. Et c'est un succès, puisqu'elles sont désormais six fois plus nombreuses dans ces zones. 

 

Europe 1
Par Théo Maneval, édité par Ugo Pascolo