Christophe Dettinger condamné : "Ce n'est pas de la rigolade de toucher un policier, on a très bien compris"

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Christophe Dettinger a été condamné mercredi soir à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté. Une peine qui satisfait ses avocats, mais aussi les parties civiles. Et qui, aussi, pourrait servir d'exemple.

Ses avocats ont été applaudis par les amis de Christophe Dettinger venus le soutenir. L'ancien boxeur, qui comparaissait pour avoir frappé deux gendarmes le 5 janvier à Paris lors d'une manifestation de "gilets jaunes" a été condamné mercredi à un an de prison ferme, aménageable en semi-liberté. Il passera ses premières nuits derrière les barreaux, comme depuis son arrestation, mais il pourra aller travailler la journée. Une sanction saluée par toutes les parties. 

Son avocat "satisfait, soulagé surtout". Pour Maître Hugues Vigier, l'avocat de Christophe Dettinger, cette "peine peut être envisagée comme une peine qui sert d'exemple". "C'est une peine lourde. Nous avons l'air d'être satisfaits de la peine parce qu'on se dit que Christophe va ressortir de prison dans les jours qui viennent mais il faut mesurer les choses, c'est une peine très lourde", estime-t-il sur Europe 1. Il se dit "satisfait, soulagé surtout" car il craignait "que ce soit pire". Mais il considère que son client n'a pas "été jugé comme l'aurait été n'importe quel autre 'gilet jaune' qui aurait porté des coups à sa place". "Sans cette médiatisation, sans qu'il fut un ancien champion de France poids lourd de boxe, je pense que la peine aurait été moins lourde."

Farouk Largo, porte-parole des "gilets jaunes" du Val d'Oise, "espère que ça va inciter les gens à faire très attention" : "Ce n'est pas de la rigolade de toucher un fonctionnaire de police, on a très bien compris." S'il reconnaît que Christophe Dettinger "a eu un coup de sang", il assure qu'il avait été "vraiment touché" par cette affaire. "On le voit dans les vidéos quand il a fait son mea culpa. C'est un homme sincère, intègre, il n'avait rien dans son casier judiciaire. N'importe qui peut faire une erreur dans sa vie. Ça a duré une minute top chrono ce qu'il s'est passé, 37 ans pour une minute, ça ne définit pas l'homme. Merci à la justice et grand soutien à Christophe."

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"Une décision équilibrée, qui a du sens." Maître Jean-Philippe Morel, avocat des parties civiles représentant l'association Gendarmes et citoyens, salue "une décision équilibrée, qui a du sens". "Les victimes sont reconnues comme telles, monsieur Dettinger est interdit de manifestation dans Paris pendant six mois. L'absence de casier a sûrement pesé dans la décision du juge mais la gravité des faits a été reconnue. Il a une part importante de sursis avec mise à l'épreuve", souligne-t-il. Selon lui, "c'est une décision sage, qui rend justice, qui reconnaît la constitution de partie civile de l'association de gendarmes et le collectif de gendarmes" qu'il représente : "Nous sommes très satisfaits ce soir."

Par ailleurs, la cagnotte de soutien ouverte en faveur de forces de l'ordre suite à ces événements du 5 janvier, va être remise jeudi matin à l'Amicale de la Police lors d'une cérémonie aux Invalides, en présence du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. Près d'un million et demi d'euros ont été récoltés.

Europe 1
Par Jean-Gabriel Bourgeois et Chloé Triomphe, édité par Grégoire Duhourcau