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«C'est une année historique» : face à la précocité des vendanges, les viticulteurs en grande difficulté pour recruter

Pour mobiliser des troupes, le viticulteur a posté des annonces dans le journal et sur Internet. [Emma Ben Youssef Sudarovich]

Les conséquences de la canicule, de la sécheresse et du manque de pluie n'en finissent pas. Les vendanges, par exemple, connaissent des records de précocité, ce qui complexifie le recrutement pour les viticulteurs.

Les vendanges n'ont jamais été aussi précoces. En Champagne, le domaine Mallet a donné les premiers coups de sécateur ce lundi, avec deux bonnes semaines d'avance. Un record de précocité qui a compliqué le recrutement des cueilleurs pour le propriétaire du domaine, qui débute la récolte en sous-effectif.

Problème de recrutement

Au cœur des vignes du domaine Mallet, les bruits de sécateurs résonnent, les blagues fusent et les paniers de raisins se remplissent à vue d'œil. Si 25 vendangeurs sont à l’ouvrage, "ce matin il m’en manque un”, assure Alexandre Mallet, le propriétaire. Et pour cause, “cette année le recrutement est difficile, puisque normalement, on est en vacances. C'est donc très très compliqué de trouver du personnel”. 

Un problème de taille pour le viticulteur, car s'il a déjà repoussé de trois jours le début de la récolte, il ne pouvait se permettre plus. "J’ai besoin de rentrer la cueillette au plus vite, il ne faut pas que ça traîne sur 15 jours, parce que les raisins sont prêts à être récoltés”, confie-t-il au micro d'Europe 1.

Journal, Internet, bouche-à-oreille

Pour mobiliser les troupes, Alexandre Mallet a posté des annonces dans le journal, sur Internet, ou a directement demandé à ses connaissances, comme Jérémy. Le dos courbé pour attraper les grappes de raisins, il explique avoir répondu à l'appel du patron.

Normalement livreur UPS pour Alexandre Mallet, ce dernier lui "a demandé si ça l'intéressait de faire les vendanges pour lui, car il lui manquait un gars pour compléter l'équipe". Il a accepté sans hésiter, en se disant qu'être entouré de collègues allait le changer de son quotidien solitaire.

À ses côtés, Bruno, 60 ans, n’en est pas à son premier coup de sécateur. Si le retraité a déjà participé à 22 vendanges, il assure n'avoir "jamais connu des vendanges aussi précoces. C'est une année historique". Un constat partagé par l'ensemble de la profession, mais qui ne devrait pas impacter la qualité du champagne.