Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix à la pompe a littéralement flambé. Certaines stations-services affichent déjà des prix au-delà de la barre symbolique des 2 euros. De quoi susciter l'inquiétude des transporteurs routiers, qui subissent de plein fouet ces bouleversements.
Tous les matins, c'est le même rituel pour Jérôme Chuffart. Ce patron d'une entreprise de transport routier scrute les prix du gazole. "Avant la crise, on achetait environ 1,67 euro TTC le litre de gazole. Là, on est quasiment à 2 euros. Donc, vous voyez un peu le grand écart, c'est inquiétant", soupire-t-il.
"Ça bouge tous les jours"
Cette hausse de quelques centimes, cela représente 80.000 euros en plus chaque mois en carburant pour ses 19 camions. Avec le conflit au Moyen-Orient, il pourrait débourser 20.000 euros de plus. Un surplus que Jérôme Chuffart doit avancer sur sa trésorerie.
"Il faut avancer l'argent pour travailler sans savoir où va s'arrêter le prix du carburant parce que ça bouge vraiment tous les jours. On ne peut rien faire que subir les prix", se désole-t-il.
Des faillites d'entreprises à venir
Cas de force majeure oblige, le chef d'entreprise fait la course à la moindre économie en sensibilisant ses chauffeurs. "Je leur ai donné la consigne suivante : s'ils trouvent une station avec un tarif en dessous de 1,90 euro pour le gazole, il faut qu'ils complètent le plein."
Dans un contexte économique déjà tendu, des faillites sont à craindre. "Nous avions déjà un phénomène de défaillances qui était marqué depuis plusieurs mois. C'est une mauvaise nouvelle qui vient se rajouter sur un contexte très morose et très défavorable", analyse Olivier Arrigault, secrétaire général de la Fédération nationale des transports routiers dans le Nord.
Les routiers espèrent désormais que le prix du gazole ne franchisse pas la barre symbolique des deux euros le litre. L'enlisement du conflit ne laisse pourtant que peu de place au doute.