Alors que la facture des dégâts en marge de la mobilisation du 17 octobre s’annonce vertigineuse, le projet d’une "taxe émeute" revient sur le devant de la scène et fait polémique. Au micro d’Europe 1, les Français interrogés y sont très largement opposés.
Moins de deux semaines après les émeutes et les pilages du 17 octobre, le gouvernement relance son projet de "taxe émeutes", qui pourrait s'appliquer à partir du 1er janvier prochain sur les contrats d'assurance auto et habitation. En revanche, il ne concernerait que les éventuelles émeutes à venir.
En clair, il s'agirait d'un prélèvement de 0,8% sur chaque cotisation afin d'alimenter un fonds qui serait chargé d'indemniser les dégâts les plus importants des émeutes à venir. Le projet, bien avancé, est actuellement, examiné par le Conseil d'Etat. Mais il fait déjà beaucoup réagir les Français. À Lyon, ils sont nombreux à avoir exprimé leur colère.
"C'est toujours aux mêmes de payer"
Taxer les assurés pour indemniser les dégâts des émeutes, l'idée ne plaît pas du tout à Nicole : "Désolée, mais je suis pour faire payer les casseurs pas les citoyens. C'est choquant et inadmissible. Les citoyens, nous, on va déjà tout payer avec nos impôts, je ne sais pas si vous êtes au courant".
Alain lui aussi, est choqué par la proposition : "C'est absurde et scandaleux. C'est toujours aux mêmes de payer. Il faut appauvrir les gens, que tout le monde soit au même niveau, le plus bas possible. On ne sait faire que ça en France. Si les casseurs ne peuvent pas payer, il faudrait déjà commencer par supprimer les aides etc... Mais ce ne sera jamais fait. En France, c'est ça. On est dans un pays de fous !"
"Et que fait-on du principe casseur-payeur ?", dont on a tant parlé après les pillages, questionnent Guillaume, Martine et Marcel. "On n'y est pour rien ! Je regrette mais moi, je ne me sens pas responsable de ce qui s'est passé", dénonce Guillaume au micro d'Europe1.
"Les casseurs, c'est à eux de payer !", pointe Martine. "C'est quand même un peu scandaleux de payer pour les autres ! Les assurances ont déjà bien augmenté. Donc payer pour ce qu'on n'a pas fait, c'est pas très cool pour nous. C'est pas juste et c'est pas très social, je trouve. On n'y est pour rien. Et on paie déjà assez d'impôts, non ?", ajoute Marcel.