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«Ce pourrait être la fin du sucre français» : le cri d'alarme d'un betteravier de l'Aisne

[© Thomas SAMSON / AFP]

Dans l'Aisne, les betteraviers font face à une récolte 2026 jusqu'à 30% inférieure à la normale, après des vagues de chaleur et un déficit de pluie. Mathieu Vivier estime à 25% la perte financière et redoute, à terme, la disparition du sucre français au profit de sucre importé.

C'est le désespoir chez les betteraviers. La récolte 2026 s'annonce catastrophique, environ 30% plus basse que la normale. Des parcelles entières ont été anéanties par les vagues de chaleur et la sécheresse. 

Dans certaines régions, cela ne vaut même pas la peine de récolter. Dans l'Aisne, la maigre récolte a démarré, dans une ambiance morose.

Perché à trois mètres de hauteur, Pierre pilote son engin agricole. Vue sur les feuilles de betteraves sucrières clairsemées, et sur une terre craquelée. "On pourrait passer son bras complètement dans les fissures du sol. On ne peut pas aller trop vite avec la machine, mais il faut garder une certaine vitesse pour pouvoir chercher les petites betteraves", explique-t-il.

Devant Mathieu Vivier, exploitant agricole à Essomes-sur-Marne, un monticule de betteraves se forme au fil du chargement et du déchargement. Il est dépité. "On a des betteraves de petite taille par rapport à d'habitude, avec 30 à 40% de poids en moins. Et on a quelques betteraves, vous voyez, qui sont complètement pourries", constate-t-il.

203 mm de pluie contre 350 mm l'an dernier

Deux conséquences directes du manque de pluie, que l'agriculteur suit sur son téléphone grâce à sa station météo connectée. "Du 1er avril au 28 septembre 2025, j'ai enregistré 350 mm. Cette année, je n'en ai eu que 203 mm sur la même durée. La plante a énormément souffert", détaille-t-il.

Toujours pas de véritable pluie sur l'Hexagone, puisque selon Météo-France, les hautes pressions se maintiennent sur le pays depuis le début du mois, favorisant un temps sec et aggravant la sécheresse.

Une perte financière de 25 %, et la crainte pour le sucre français

Le chiffre d'affaires est lui aussi touché. Mathieu Vivier estime à 25% la perte financière pour cette récolte. À plus long terme, ce pourrait être, dit-il, "la fin du sucre français dans les supermarchés", remplacé par du sucre importé de bien moins bonne qualité.