L'Espagne lance ce jeudi sa campagne de régularisation de 500.000 sans-papiers. Une stratégie qui suscite la controverse en France, alors que la droite et les habitants proches de la frontière s'inquiètent de voir de nouveaux flux migratoires.
Le plan de Madrid fait craindre le pire dans les villages proches de la frontière avec l'Espagne. Le gouvernement du pays ibérique a annoncé débuter ce jeudi sa politique de régularisation de près de 500.000 sans-papiers.
Au Boulou, à 10 kilomètres de la frontière, le flux des sans-papiers se fait depuis l'Espagne vers la France. Mais ces derniers jours, des candidats à l'exil en Espagne ont fait leur apparition, comme ce Malien basé en France qui fait le choix de partir en Espagne afin de tenter d'obtenir des papiers.
Possibilité de circuler dans tout l'espace Schengen
"Je suis en France depuis 2008. Mais je n'ai pas de papiers français et honnêtement, c'est très dur d'en avoir. Donc, je vais aller en Espagne pour tenter ma chance", explique-t-il au micro d'Europe 1.
Problème néanmoins : pour obtenir ces papiers, il faut justifier de cinq mois de séjour en Espagne. Mais il a trouvé la solution : "Je ne suis jamais allé sur le sol espagnol. Mais, j'ai un ami qui est là-bas. Et lui, il va me donner les papiers espagnols. Et, si tu as des papiers, tu peux voyager", termine-t-il.
Et ce, dans tout l'espace Schengen, ce qui fait craindre l'arrivée de nouveaux flux à la frontière, confie Claudie, qui habite au Boulou. "Ça fait énormément de monde. On risque d'avoir des conséquences au Boulou et autour, donc on va encore avoir des problèmes."
Rien que l'an dernier, 8.300 étrangers en situation irrégulière ont été interceptés dans le département. La crainte ici est donc de voir ces flux à nouveau augmenter.