Le tribunal administratif de Nice a suspendu l'arrêté de la ville de Mandelieu-la-Napoule interdisant le burkini sur ses plages. Auprès d'Europe 1, le maire Nouvelle-Énergie de cette commune partage son incompréhension, justifiant la prise de cet arrêté chaque été pour des raisons de sécurité.
La décision fait polémique dans les Alpes-Maritimes. Saisi par la Ligue des droits de l'Homme, le tribunal administratif de Nice a décidé de suspendre l'arrêté du maire de Mandelieu-la-Napoule, qui visait à interdire le burkini sur ses plages durant l'été.
Des troubles à l'ordre public il y a quelques années
Pour prendre cet arrêté, chaque été, depuis 2012, la ville de Mandelieu-la-Napoule, située au bord de la Méditerranée, s'appuie sur plusieurs troubles à l'ordre public survenus il y a quelques années.
"On a eu, à la fois en 2012 et à nouveau en 2016, des troubles à l'ordre public sur la plage, avec des personnes qui se baignaient en burkini, ce qui avait mené à des rixes", rembobine Sébastien Leroy, le maire Nouvelle-Énergie de la commune, auprès d'Europe 1.
Et l'édile d'affirmer que "quand des personnes se baignent en burkini, il peut arriver qu'elles n'acceptent pas que des plaisanciers, à côté, aient des tenues qu'elles jugent obscènes. C'est pour cela que ces arrêtés avaient été pris".
"On prend ces arrêtés pour éviter ces troubles"
La justice estime cependant que ces faits sont trop anciens pour justifier l'arrêté municipal. Au mois d'août, sur les plages de la commune, il ne sera donc plus en vigueur. Une décision difficile à comprendre pour Sébastien Leroy.
"Aujourd'hui, la jurisprudence se base toujours sur le même point, c'est-à-dire que les arrêtés que l'on prend pour maintenir la sécurité doivent se baser sur des troubles à l'ordre public. Or, on prend justement ces arrêtés pour éviter ces troubles", justifie le maire. "La jurisprudence du Conseil d'État, c'est qu'il faut attendre qu'il y ait un problème pour prendre des mesures de précaution", regrette-t-il.
En 2023, ce même arrêté pris par la ville de Mandelieu-la-Napoule avait déjà été suspendu par la justice, là aussi en plein milieu de l'été.