Bretagne : La lettre "anti-alcool" d'un élu met vent debout agents communaux et cafetiers

  • A
  • A
Partagez sur :
Les cafetiers des 19 communes du Pays de Dol et de la Baie du Mont Saint-Michel ont reçu une lettre du vice-président de la communauté de communes pour qu'ils ne servent plus d'alcool aux agents pendant les heures de travail. 
REPORTAGE

En Bretagne, le vice-président d'une communauté de communes a lancé un sacré pavé dans la mare en envoyant un courrier à tous les cafetiers des 19 communes du Pays de Dol et de la Baie du Mont Saint-Michel, leur demandant de ne plus servir de boissons alcoolisées à ses agents pendant leurs heures de travail ! La lettre a été accueillie par un double tollé, de la part des agents communaux mais aussi des bistrotiers, qui n'ont nullement l'intention de se transformer en gendarmes. C'est le journal local Le Pays Malouin qui a révélé l'affaire. Récit.

Dans son courrier, l'élu indique qu'il met en œuvre cette politique pour que ses salariés "ne soient pas sous l'emprise d'alcool ou de drogues pendant l'exécution de leur travail". Ce que beaucoup d'agents interprètent comme : "notre patron nous fait tous passer pour des alcooliques et des drogués".

"Ils ne sont pas plus avinés que beaucoup de mes clients"

Du côté des cafetiers, on a manqué de s’étrangler : "On n'est encore pas policier, personne ne va m'interdire de les servir s'ils viennent chez moi", s'offusque un premier tenancier. "On ne va pas demander à chaque personne s'ils sont en train de travailler pour pouvoir les servir ! C'est totalement aberrant !", relève un autre, tandis qu'un dernier dénonce une stigmatisation : "Ça veut dire que ces gens-là boivent tout le temps, alors qu'en fait, ils ne sont pas plus avinés que beaucoup de mes clients". 

>> De 7h à 9h, c’est deux heures d’info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

En plus de se discuter au coin du zinc, cette affaire pourrait aussi faire parler d'elle sur un parquet : certains agents n’excluent pas de porter plainte pour dénigrement.

Europe 1
Par François Coulon, édité par Ugo Pascolo