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Blocus des lycées : rassemblements, appels à la grève... A quoi s'attendre pour l'«acte III» de la mobilisation mardi ?

Les revendications portent principalement sur les conditions d'étude. [Gauthier Bedrignans / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La mobilisation lycéenne et étudiante doit connaître un nouveau temps fort ce mardi 6 octobre. Après plusieurs jours de blocages et de manifestations dans de nombreuses villes françaises, les organisations de jeunesse appellent à une nouvelle journée d’action. Des enseignants, des syndicats et plusieurs organisations professionnelles ont également annoncé leur soutien.

Une nouvelle journée de mobilisation sous haute tension s'annonce. Le mouvement, qui a commencé à la mi-septembre en Île-de-France, s’est progressivement étendu à de nombreux établissements à travers le pays. Les lycéens dénoncent notamment le manque de moyens dans les établissements scolaires, les classes surchargées, les problèmes de remplacement des enseignants et l’état de certains bâtiments. Mais le mouvement est émaillé de heurts et de violences urbaines depuis la semaine dernière, faisant craindre aux forces de l'ordre une journée sous haute tension ce mardi. 

Une mobilisation qui dépasse désormais les lycées

Le rendez-vous de mardi doit en effet constituer ce que les organisations lycéennes présentent comme un "acte III" de la mobilisation.

L'Union syndicale lycéenne et l'Union étudiante appellent à des rassemblements dans plusieurs villes. À Paris, le principal rendez-vous est fixé à 14 heures, place de la République. Des manifestations sont également annoncées à Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Lille, Rennes, Montpellier, Nice ou encore Grenoble.

Le mouvement ne concerne plus uniquement les lycéens. Plusieurs organisations de l'Éducation nationale ont appelé leurs personnels à se mobiliser, y compris par la grève. La FSU, la CGT, FO, la CFDT, l'Unsa, Sud et Solidaires ont notamment appelé leurs collègues à participer aux mobilisations du 6 octobre.

La CGT a, de son côté, annoncé sa présence aux côtés des lycéens et des étudiants. La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, appelle également à manifester ce mardi.

Des blocages encore nombreux

L'une des principales conséquences de la mobilisation concerne les établissements scolaires. Selon les dernières informations communiquées par le ministère de l'Éducation nationale, entre 400 et 500 lycées ont été totalement ou partiellement fermés lundi, sur environ 3.700 établissements en France. En Île-de-France, plus de 160 lycées étaient concernés.

La situation pourrait encore évoluer mardi matin, les blocages étant décidés localement. Certains établissements ont également prévu des cours à distance lorsque les conditions de sécurité ne permettent pas d'accueillir les élèves.

Les familles sont donc invitées à vérifier directement auprès de leur établissement les conditions d'accueil prévues pour mardi.

Pourquoi les lycéens se mobilisent-ils ?

Les revendications portent principalement sur les conditions d'étude. Les organisations de jeunesse réclament davantage de personnels, des moyens matériels supplémentaires et une amélioration des conditions d'enseignement. Elles dénoncent notamment les classes trop chargées, les difficultés de remplacement des enseignants et l'état de certains établissements scolaires.

La rencontre organisée vendredi 2 octobre entre des représentants lycéens et le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, n'a pas permis de mettre fin à la mobilisation. Les organisations de jeunesse estiment que les discussions n'ont pas débouché sur des mesures suffisamment concrètes et maintiennent donc leur appel pour mardi.

Une journée sous haute tension

Le contexte des derniers jours devrait également peser sur la journée de mardi. La semaine dernière a été marquée par des affrontements et des dégradations commises par des manifestants dans plusieurs villes. Une montée des violences attisée, selon certains, par La France insoumise dont plusieurs élus ont apporté un soutien direct aux lycéens, allant jusqu'à se rendre sur les points de blocage, à l'image de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Le ministère de l'Intérieur a fait état de plus de 5.000 interpellations depuis le début de la semaine précédente, dont environ 85 % de mineurs, tandis que plusieurs dizaines de personnes ont été blessées. Ces chiffres ont été communiqués par le gouvernement et interviennent dans un contexte de fortes tensions autour des blocages de lycées.

Les autorités redoutent donc de nouveaux incidents en marge des rassemblements. Les organisations syndicales et étudiantes insistent, de leur côté, sur la nécessité de manifestations pacifiques.