Biophilie : quand les entreprises tentent d'attirer les diplômés grâce aux plantes

  • A
  • A
La Défense entreprise 2:57
Les jeunes salariés sont de plus en plus attirés par la qualité de vie au travail. © THOMAS OLIVA / AFP
Partagez sur :
Selon une étude, les jeunes salariés sont de plus en plus attirés par des entreprises qui s'engagent sur le plan du bien-être de leurs salariés. Et dans ce contexte, le cadre global créé par la présence de plantes dans le milieu professionnel, qu'on appelle biophilie, est déterminante pour eux, comme l'a constaté Europe 1.

Ce sont des attentes différentes qui témoignent d'un changement d'époque : il y a 30 ans, les jeunes diplômés rêvaient du prestige de l'entreprise et de stock options. Mais aujourd'hui, six jeunes diplômés sur dix sont prêts à refuser un poste dans une entreprise qui manque d'engagement, selon une enquête du Boston Consulting Group. Et pour les attirer, dirigeants et managers n'hésitent plus à recourir à la biophilie, qui est la présence de nombreuses plantes dans l'habitat professionnel, mais aussi aux aquariums.

Et quand on parle de biophilie, il ne s'agit pas simplement d'un aquarium ou d'un plan de tomate posé dans un couloir, mais d'un ensemble de petites choses qui créent un cadre global. Par exemple, quand on entre dans le cabinet de conseil parisien Listen Too, on se croirait dans un appartement de jeunes en colocation : il y a un canapé dans l'entrée, un baby-foot et un système d'aquaponie, un meuble-aquarium avec des poissons. Au-dessus des étagères, il y a des plantes comestibles comme la menthe, le basilic ou la capucine. Les excréments des poissons et l'eau du bassin vont ensuite alimenter les plantes via une pompe.

Ronfler dans le canapé

Cela parait ridicule, mais c'est un critère déterminant pour 83% des futurs salariés au moment de l'embauche, selon une étude de l'Essec. La végétalisation de l'espace de travail est même capital pour près de 30% d'entre eux. Il s'agit pour ces recrues de preuves que l'entreprise est engagée pour l'environnement et la qualité de vie au bureau. "J'aime bien me reposer sur le canapé et profiter des petits poissons et de la végétation. Ça m'aide à me décontracter et à diminuer mon stress", glisse une salariée du cabinet. "La semaine dernière, j'ai ronflé dans le canapé en écoutant le bruit des poissons et de l'eau", confie un autre.

Le système d'aquaponie n'est pas gratuit, puisqu'il représente un investissement de 3.000 euros par an. "Je suis convaincu qu'ils travaillent mieux, car par définition des salariés engagés sont des salariés plus productifs", assure le PDG de Listen Too, Christophe de Boisgelin. "On l'a mesuré : on n'a pas enregistré de départs à la concurrence." L'aquaponie ne séduit pas que les PME comme Listen Too, qui compte 120 salariés, mais aussi les grands groupes comme L'Oréal ou Aéroports de Paris.

Un chien pour apaiser

Plantes, aquarium, masi pas seulement. Certaines entreprises ont carrément opté pour un animal de compagnie, et pas forcément un chihuahua. Dans la PME d'événementiel que dirige Benjamin Stetten-Pigasse, il y a même un bouvier bernois, qui est un gros chien. Pour ses 27 salariés, la pression est forte et le chien amène de la douceur, surtout en période de conflits : "Si le chien sent que les collaborateurs sont tendus entre eux, il aboie et ça permet aux collaborateurs de redescendre un peu et de mettre de la distance", assure-t-il.

Gadgets à la mode ou une vraie méthode de management ? Le chien, l'aquaponie avec les poissons ou les plantes comestibles correspondent à une nouvelle forme de team building qui fédère les équipes et réduit l'absentéisme, comme ç'a été le cas pour le saut à l'élastique, le paint ball ou les escape game entre salariés.