Autolib' : les salariés sont inquiets, les usagers déçus

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Alors que le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole devrait annoncer jeudi la résiliation de la concession accordée au groupe Bolloré, les salariés et clients d'Autolib se montrent inquiets. 

La fin approche à grands pas pour Autolib'. Le service de voitures électrique en libre-service déployé dans Paris et la petite couronne devrait s'arrêter "dans les prochains jours", comme l'a expliqué Marie Bolloré, mardi, au micro d'Europe 1. Le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole (SAVM) devrait voter la résiliation de la concession accordée à Bolloré en raison du gouffre financier qu'elle représente, le groupe demandant aux communes bénéficiaires du service de verser 233 millions d'euros d'ici à la fin de la concession en 2023 pour combler le trou budgétaire. Nos reporters sont allés sondés les salariés, très inquiets, et les clients, déçus, d'Autolib' avant l'officialisation de la mort d'un service précurseur lancé en 2011.

Les salariés se sentent oubliés

Parmi les quelque 250 salariés que compte Autolib', c'est l'angoisse à l'approche du jour fatidique. Tous ceux que notre reporter a croisé près du centre de Vaucresson sont abasourdis et craignent de se retrouver sans travail dès la semaine prochaine. "Ça nous est tombé dessus comme un coup de marteau", confie l'une d'entre eux, qui a souhaité conserver l'anonymat. "Ça nous inquiète dans le sens où on est les premiers touchés. Pour le moment, il n'y a pas de communication précise. On attend de voir ce qu'il va se passer exactement pour nous. On est complètement dans le flou. C'est un choc, pour nous tous", ajoute-t-elle.

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Mercredi, Paris et les autres communes partenaires d'Autolib ont demandé au groupe Bolloré de reclasser "rapidement" les 254 salariés du dispositif d'autopartage de voitures électriques dans d'autres filiales du groupe. Samir Mohaledi, délégué FO à Autolib', ne comprend pas pourquoi tout est allé si vite. "Ce délai court, c'est ça qui nous surprend le plus parce qu'on doit, en gros, annoncer à tous les employés du jour au lendemain que c'est fini", commente-t-il au micro d'Europe 1.

"Une semaine pour des gens pour apprendre qu'ils perdent leur boulot et à la veille des vacances en plus. Là les gens sont sous le choc en fait ils ne réalisent pas", poursuit-il avant de conclure, inquiet : "On ne sait pas qui va nous reprendre". Les salariés d'Autolib envisagent de manifester jeudi après-midi, au moment même où les élus franciliens devraient acter la rupture du contrat avec Autolib'. 

Les usagers déçus et dans l'attente

A la crainte des salariés de perdre leur emploi s'ajoute la déception des usagers, qui appréciaient le service. Notre reporter est allé sonder quelques-uns des 150.000 abonnés. "Sur Paris, je n'ai pas besoin du tout de voiture au quotidien. Dès que j'ai besoin de prendre des choses dans un coffre, parce qu'en scooter ce serait trop gros, trop lourd, Autolib est pratique", commente Arthur, qui utilise le service Autolib depuis plusieurs années et qui vient de transporter une grosse télé avec l'une des Bluecar. 

"C'est hyper utile comme moyen de transport. Si on veut faire un trajet en évitant les transports, on prend la voiture et on la gare facilement avec les stations situées absolument partout", ajoute Margaux, une autre usagère régulière dans Paris intra-muros.

Mais le service va aussi beaucoup manquer aux habitants de la proche banlieue, qui voyaient là un moyen de transport pratique et parfois plus rapide que le métro ou le RER pour rallier le coeur de la capitale. "Là, on va au musée Marmottan. C'était beaucoup plus pratique de prendre une voiture, il y en avait pour vingt minutes alors qu'en transports, il fallait compter au moins trois quarts d'heure", témoigne ainsi Laurent. "C'est toujours décevant de commencer à apprécier un service et qu'on vous le retire au bout de quelques semaines", commente pour sa part Laurent, habitant de Saint-Denis où des stations Autolib ont été installées il y a seulement quatre mois". 

Un utilisateur a même lancé une pétition en ligne, mercredi, signée en moins de 24 heures par plus de 17.000 personnes. Elle réclame le maintien "d'un service qui avait su conquérir notre quotidien et nous faciliter la Ville" et demande "à Madame Hidalgo de s'engager à maintenir ce service public en faisant tout ce qui est en son pouvoir (...) pour trouver les solutions de viabilité (...) et (...) originales pour maintenir ce service".