Au procès du Cardinal Barbarin, un évêque remercie les plaignants d'avoir "libéré la parole"

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En marge des plaidoiries de la défense, l'évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Lyon a salué le courage des plaignants, estimant que leur geste avait "secoué l'Eglise".

Le dénouement de la journée de mercredi, lors du procès Barbarin, a fait bondir l'ensemble des plaignants. L'archevêque de Lyon, accusé de non-dénonciation d'actes pédophiles, pourrait en effet ressortir avec une relaxe, puisque la procureure adjointe n'a requis aucune condamnation contre lui. Mais jeudi matin, en marge des plaidoiries de la défense, un échange inattendu s'est pourtant produit entre un membre du diocèse de Lyon et l'une des victimes.

Monseigneur Gobillard, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Lyon - qui n'est pas prévenu dans cette affaire -, s'est avancé pendant une suspension d'audience vers François Devaux, président de l'association "La Parole libérée" et victime du père Preynat. Il a tenu, devant les micros, à saluer sa démarche.

Une parole salvatrice. "Merci à Alexandre d'avoir été le premier à porter plainte [Alexandre Hezez a déposé plainte en 2015, ndlr]. Merci à Alexandre et François d'avoir permis à certains de revivre. Libérer la parole nous a fait revivre", a-t-il déclaré. "Merci d'avoir permis que le procès de Preynat ait lieu, sans vous il n'aurait probablement pas eu lieu", a-t-il ajouté, alors que le procès de Bernard Preynat, soupçonné d'avoir abusé de dizaines d'enfants pendant plusieurs décennies, est attendu d'ici la fin 2019.

" Il y a des dysfonctionnements, il y a des difficultés, et il faut que l'on change "

"Merci d'avoir secoué l'Eglise". "Ça m'a changé, je ne suis plus le même homme avant et après", a assuré monseigneur Gobillard, estimant que la démarche des plaignants ne pouvait être que salvatrice pour l'Eglise catholique. "Merci d'avoir secoué l'Eglise, parce qu'il y a des dysfonctionnements, il y a des difficultés, et il faut que l'on change."

Un premier pas. François Devaux l'a remercié pour la "sincérité" de ses mots. Cet échange émouvant marque le  premier geste de la hiérarchie catholique envers les victimes depuis le début de ce procès. Il aura donc fallu attendre le dernier jour. Si pour François Devaux ce geste n'efface rien, il marque un premier pas dans la bonne direction pour le futur.