Attaque de la préfecture : "Notre lâcheté à ne pas réagir est maintenant payée cash"

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Invité lundi d'Europe 1, l'ancien patron du Raid estime que les "services de renseignements doivent être protégés de manière spécifique", quatre jours après l'attaque de la préfecture de police de Paris. 
INTERVIEW

Face au profil inédit de Mickaël Harpon, l'auteur de l'attaque à la préfecture de Police de Paris dans laquelle quatre fonctionnaires de police ont été tués, la polémique enfle concernant le mauvais suivi des signes de radicalisation religieuse repérés chez cet informaticien de 45 ans.

S'il estime "difficile de juger cette affaire-là", l'ancien patron du RAID Jean-Michel Fauvergue, invité lundi d'Europe 1, juge toutefois que la France paye aujourd'hui son manque d'initiative contre la radicalisation depuis des années. "Notre infinie lâcheté à ne pas réagir sur un certain nombre de choses est maintenant payée cash", regrette-t-il.

"Il est clair que des services de renseignements doivent être protégés de manière spécifique", explique d'entrée celui qui est désormais député LREM de Seine-et-Marne. Et alors qu'en 16 ans de carrière, Mickaël Harpon n'avait pas fait l'objet d'une enquête approfondie au moment d'obtenir son habilitation secret-défense, Jean-Michel Fauvergue note "qu'il va falloir se pencher sur la manière de faire passer des habilitations et de réévaluer les fonctionnaires de manière courante sur ce type de service là".

"Il faut durcir le ton"

Notant que "l'évolution de la radicalisation en France date de décennies", Jean-Michel Fauvergue estime que "notre infinie lâcheté à ne pas réagir sur un certain nombre de choses est maintenant payée cash". "Il faut lutter contre la radicalisation, le salafisme, et durcir le ton", appelle-t-il encore. Et l'ancien patron du RAID de renvoyer aux travaux de l''excellente" mission d'information sur la radicalisation dans les services publics, dont l'un des co-rapporteurs était l'invité d'Europe 1 lundi. "Il faut relire ce qui a été dit par les députés et sénateurs, et appliquer ce qu'ils disent", demande Jean-Michel Fauvergue.