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Guillaume Biet
Vendredi lors de son entretien avec le média en ligne "Brut", Emmanuel Macron est revenu longuement sur la question des violences policières. Il a annoncé la mise en place d'une plateforme où les victimes pourront témoigner de ce qui leur est arrivé. Une annonce qui a fâché plusieurs syndicats de policiers.

Près de 90 rassemblements sont prévus samedi en France contre la loi "Sécurité globale", à laquelle va se joindre la mobilisation contre la précarité. A Paris, ce sera à 14 heures, pour un départ de la porte des Lilas vers la Place de la République, un cortège sous haute surveillance après les affrontements lors de la dispersion Place de la Bastille de la marche de samedi dernier. Vendredi justement, lors de son entretien avec le média en ligne "Brut", Emmanuel Macron est revenu longuement sur la question des violences policières et la lutte contre les discriminations. Il a annoncé la mise en place d'une plateforme où les victimes pourront témoigner de ce qui leur est arrivé. Une annonce qui ne passe pas auprès de certains syndicats de policiers interrogés par Europe 1.

"On aurait préféré du soutien"

Ce sont même des réactions indignées des deux principaux syndicats de gardiens de la paix, le gros des troupes, ceux qui sont en première ligne et qui procèdent tous les jours à ces contrôles. Selon Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat Alliance, les propos du chef de l’Etat sont très mal passés auprès d'eux. "Il a mis en lumière ce qui serait des contrôles au faciès institutionnalisés, en expliquant que lorsqu'on n'est pas blanc, on est victime de contrôles d'identité au faciès. Les policiers de terrain ne comprennent pas ce volte-face du président de la République. On aurait préféré avoir du soutien plutôt que des accusations et surtout donner raison à ceux qui nous accusent tous les jours de commettre des méfaits non déontologiques, non réglementaires et passibles du code pénal", a-t-il regretté.

Appel à arrêter les contrôles d'identité

Mêmes arguments chez le syndicat majoritaire Unité-SGP-Police qui demande sur quelles statistiques s’appuie Emmanuel Macron. En revanche, les représentants syndicaux saluent la généralisation confirmée des caméras piéton, mais en attendant, ils appellent leurs collègues à ne plus procéder à des contrôles d’identité sur le terrain.