Après la COP24, c’est "maintenant ou jamais" pour "augmenter l’ambition climatique"

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Sans être alarmiste sur l’accord trouvé samedi soir en Pologne, Henri Waisman, spécialiste du climat, estime dimanche sur Europe 1 que les deux années à venir seront cruciales. Et rappellent que la balle est dans le camp des Etats.

INTERVIEW

C’est un accord a minima, sans ambitions nouvelles, qui a été trouvé samedi soir à Katowice, en Pologne, à l’occasion de la COP24. Des outils pour mettre en application l’accord de Paris de 2015, mais pas d’objectif revu à la hausse.

Pour autant, Henri Waisman, spécialiste du climat, interrogé dimanche sur Europe 1, se refuse à voir tout en noir. Le chercheur à l’Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales) a voulu tirer un bilan positif de la réunion onusienne, sans cacher que les années à venir seront cruciales dans l’évolution du réchauffement climatique.

Verre à moitié plein, verre à moitié vide. "Le verre à moitié plein, c’est le fait qu’on a réussi à se mettre d’accord sur les règles d’application de l’accord de Paris", explique Henri Waisman. "C’est normal que ça a ait pris du temps, mais c’est un grand succès du multilatéralisme. Ça montre quand même que l’accord de Paris, tel qu’il avait été construit, est résilient, capable de faire face à une situation géopolitique qui est effectivement difficile."

Et le verre à moitié vide ? "La question de l’ambition, qui est quelque chose de très important", répond le chercheur. "Si on n’augmente pas très significativement l’ambition par rapport à ce qui avait été envisagé lors des accords de Paris, on n’atteindra pas les objectifs qui avaient été fixés au moment à cette occasion, c’est-à-dire de maintenir le réchauffement global bien en deça de deux degrés par rapport à l’époque préindustrielle", assure Henri Waisman.

"C'est maintenant ou jamais". La balle, désormais, est dans le camp des Etats. "C’est le moment, c’est maintenant ou jamais", lance Henri Waisman. "C’est maintenant que les décideurs vont devoir faire face à leurs responsabilités. On a le secrétaire général de l’ONU qui a été extrêmement actif. Il va organiser une réunion à New York en septembre 2019 pour inviter les Etats et faire une première étape. L’enjeu, c’est d’utiliser ces deux années, 2019 et 2020, pour que chaque Etat fasse le travail à domicile", précise le chercheur. L’idée : "transformer de façon fondamental l’ensemble de notre système et notamment les secteurs qui sont les plus responsables des émissions de gaz à effet de serre".

"Une condition indispensable de justice sociale". Mais la crise des "gilets jaunes" montre qu’il est difficile de concilier lutte contre le réchauffement climatique et exigence sociale. Et pourtant, selon Henri Waisman, ce n’est pas impossible. "Prendre des politiques climatiques ambitieuses, c’est une condition indispensable de justice sociale", assure le chercheur. "Et c’est le contraire d’un effet négatif. On peut très bien construire des politiques qui alignent les deux. Pour prendre des exemples très concret, la rénovation d’une part permet de réduire la consommation des bâtiments, et associé à cela, réduire la facture", estime le chercheur. "On doit le prendre non pas comme une contrainte, mais comme une opportunité de se poser les bonnes questions pas seulement pour le climat, mais aussi pour le futur et la transition sociale qu’on désire", conclut-il.